La Caisse nationale de mutualité agricole a déboursé, depuis le début du mois de janvier à ce jour,  plus de 2 milliards de centimes d’indemnisations au profit des éleveurs assurés à la Caisse au niveau national, et qui ont subi des pertes suite à la propagation de la peste des petits ruminants et de la fièvre aphteuse.

Selon le directeur général de la CNMA, M. Cherif Benhabiles, l’opération a été menée à un rythme soutenu, rappelant que les indemnisations de la Caisse pour l’année dernière ont dépassé les 7 milliards de centimes.
M. Benhabilès a indiqué que le nombre des assurés de la CNMA au niveau national reste modeste, appelant les agriculteurs et les éleveurs à faire confiance à la Caisse et à y adhérer massivement, d’autant plus que le but de cette dernière est de se rapprocher de cette catégorie et leur fournir des services à travers son réseau qui s’étend sur l’ensemble des régions du pays.
Le DG  de la CNMA a appelé à l’adoption d’un programme d’assurance spécial visant à «garantir» les effets du changement climatique sur le secteur agricole, soulignéant que ce dernier souffre depuis plusieurs années de la propagation de nombreux types de maladies et de virus affectant les produits agricoles. Il plaide à ce propos à faire aujourd’hui de l’assurance agricole une «condition» pour pouvoir bénéficier de tous les types de soutien proposés aux agriculteurs, et considère que ceci permettra à l’avenir de «développer» une carte nationale incluant toutes les données facilitant les procédures de compensation en cas d’enregistrement de catastrophes naturelles liées à l’activité agricole. En ce qui concerne les indemnisations des éleveurs assurés, le premier responsable de la Caisse a affirmé que cette dernière a octroyé des indemnisations à 30 éleveurs et indiqué que les comités locaux reçoivent toujours les fichiers des éleveurs assurés, tout en répondant aux préoccupations des éleveurs non assurés et en les exhortant à protéger leurs cheptels afin de profiter de la compensation versée en peu de temps pour couvrir leurs pertes, sachant que le processus de remplacement du bélier de 50.000 DA sur le marché est de 2.500 DA par an.
Lors de l’épidémie, plus de 3.400 têtes d’ovins ont été ravagées par la fièvre aphteuse et surtout la peste des petits ruminants dont la survenance inattendue a causé de grandes pertes au cheptel national.
Du côté de la Fédération nationale des éleveurs, on explique que l’apparition des maladies épizootiques (fièvre aphteuse et peste des petits ruminants) était le résultat de nombreux «facteurs» qui ont conduit à la perte du cheptel dans plusieurs wilayas.«La responsabilité incombe d’abord aux éleveurs qui, par leur silence, ont contribué à la propagation de cette épidémie», regrette le vice-président de la FNE, Mezroua Belkacem, qui a déclaré sur les ondes de la radio nationale que cette épidémie, inconnue jusque-là en Algérie, peut être attribuée aussi aux réseaux de la contrebande transfrontalière.
Au sujet des pertes causées par l’épidémie, il soutiendra qu’elles sont «beaucoup plus importantes» que les chiffres annoncés par la tutelle, compte tenu, a-t-il argué, des «vastes» territoires sur lesquels se déplacent les éleveurs ainsi que le «manque» d’expérience des vétérinaires face à une telle situation. Le représentant des éleveurs a rappelé à cette occasion les indemnités octroyées, lesquelles s’élèvent à 3 millions de centimes pour la brebis et le mouton, 2 millions de centimes pour le mouton âgé d’un an, un million de centimes pour l’agneau de moins de six mois et quatre mille dinars pour la chèvre.
Salima Ettouahria