Deux universités privées déclarées non habilitées en l’espace de quelques semaines, une thèse de doctorat soutenue puis annulée, des signes qui alertent d’un domaine infesté par l’imposture qui se développe au nez des institutions.

Des établissements clandestins infiltrent l’enseignement supérieur au Cameroun, au regard des communications successives du ministère de l’Enseignement supérieur. Ces derniers temps, une suite d’alertes et de décisions du chef de ce département ministériel informe sur la profondeur du mal. Le 13 octobre 2026, le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur signe un communiqué. Le Pr Jacques Fame Ndongo informe l’opinion nationale et internationale que l’institution dénommée Fondation Universitaire Ibero-Americaine FUNIBER située à Yaoundé offre des formations dans les cycles Licence, Master, Doctorat sans habilitation institutionnelle.

Par conséquent et au regard de la règlementation en vigueur, le Minesup déclare l’établissement fermé. Pour la raison que ce dernier propose des formations clandestines. Il est appelé à cesser des activités à l’immédiat sous peine de sanction. Puis rappelle sur la base des textes que l’Etat a le monopole de la collation des diplômes et grades d’enseignement supérieur.

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En raison de ce pouvoir exclusif, le ministre d’Etat vient d’annuler une thèse de doctorat soutenu dans un autre établissement non habilité à offrir des formations au Cameroun. Dans un communiqué en date du 06 octobre dernier, le chancelier des Ordres académiques informe que Pierre Nkou Abina a soutenu une thèse de doctorat PhD en Business le 26 septembre à Yaoundé. La soutenance a été organisée par Victory University International ». Un établissement qui ne figure pas, d’après le ministre, au registre des institutions d’enseignement supérieur autorisée à exercer des activités académiques que Cameroun. Par conséquent, aucun diplôme académique délivrée par cet établissement n’est reconnu par le Minesup.

Le ministre a déclaré cette soutenance « nulle et de nul effet ». Non sans rappeler à l’ordre les enseignants qui participent à telle soutenances en les avertissant qu’ils contribuent à légitimer le faux en violation de l’éthique et de la déontologie universitaires.

Le problème est de savoir qui est habilité à faire quoi. Pour la gouverne du public le gouvernement sensibilise. Le Minesup fait savoir que l’ouverture des programmes de Doctorat/PhD et le recrutement des étudiants dans ces formations relèvent de la régulation de la Commission nationale de formation doctorale de son ministère. Ce qu’il faut aussi savoir est que aucun établissement privé d’enseignement supérieur au Cameroun n’est autorisé à dispenser une formation au niveau doctorat. Et aucune autorisation n’est en vigueur pour les programmes doctoraux dits Offshore sur le territoire national.

Cependant, cette sensibilisation au cas par cas n’atteint pas une cible importante. L’opinion a droit à une information complète et régulière sur la question. La publication de la liste des établissements autorisés à effectuer des formations doctorales ainsi que les domaines serait d’une contribution importante pour la compréhension du public. Le traitement au cas par cas et la récurrence des cas démontrent que le ministère est de plus en plus surpris par des formations qui sont offertes sur le territoire par des établissements non autorisés. Il révèle la faiblesse de la surveillance et du contrôle de la part des institutions compétentes.

Pour conserver la qualité des diplômes et le niveau de formation, le gouvernement gagnerait à anticiper plutôt qu’à intervenir en aval. Une telle intervention se fait au détriment des Camerounais qui dépense du temps, de l’argent et de l’énergie dans des formations perdues d’avance. Aussi, il serait souhaitable que le gouvernement mène un audit dans le but de dresser une liste de tous les établissements clandestins, de la rendre publique et de fermer ces derniers.

Auteur: Arnaud Nicolas MAWEL
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