En prélude à la Journée internationale de la Santé des végétaux, les parties prenantes se sont réunies à Yaoundé le 8 mai pour discuter de la biosécurité et de la sécurité alimentaire, leviers stratégiques contre la faim et la pauvreté.
Le 12 mai 2026 marque la 5ème édition de la Journée Internationale de la Santé des Végétaux. Une journée qui vise à sensibiliser la communauté internationale sur la protection de la santé des plantes. En prélude, le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader) en collaboration avec ses partenaires public et privé, la société civile et le Système des Nations-Unies, a organisé une table ronde. Les différentes parties ont commencé à décortiquer le thème retenu pour cette année, à savoir : « la biosécurité végétale au service de la sécurité alimentaire. »
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Évoquant les enjeux de la biodiversité au Cameroun, Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, lie la sécurité alimentaire à la performance du secteur agricole. Par ailleurs, il regrette que la productivité soit constamment menacée par les ravageurs et les maladies des plantes, les risques liés à l’introduction d’organismes nuisibles et l’impact croissant du changement climatique. C’est dans cette logique qu’il préconise, la biosécurité végétale qui, selon lui, s’impose comme la solution pour sécuriser les cultures et garantir une production agricole durable.
Le ministre énumère les trois piliers mis en avant par son département pour résoudre le problème. Il cite en premier, la prévention et le contrôle aux frontières, ensuite la mesure de quarantaine et l’analyse des risques. Dans le cas préventif, le ministère intervient en amont pour empêcher l’introduction d’organismes nuisibles. « Il déploie un maillage territorial rigoureux grâce à son réseau de 52 postes de police phytosanitaires installés aux frontières. » Le deuxième point, la quarantaine, consiste à isoler ou d’interdire certains produits afin de stopper toute propagation sur le territoire. Enfin, avant toute importation de végétaux ou de semences, des analyses de risques phytosanitaires sont systématiquement conduites pour évaluer et neutraliser les menaces potentielles.
La semence comme arme à double tranchant
Dans son intervention, Dr Komi K. Kouma, représentant de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) souligne que la semence n’est pas qu’un simple intrant, mais le point de départ de la sécurité sanitaire et de la productivité agricole. Dans son discours, il laisse entendre que la semence peut être un « cheval de Troie » pour les pathogènes. Face aux menaces, la semence est aussi la solution grâce à l’amélioration variétale. Il préconise une vision équilibrée entre économie, santé et environnement.
Dr Komi K. Kouma explique, qu’une semence infectée compromet non seulement la récolte du planteur, mais peut contaminer les champs voisins et des zones entières. Pour lui, le contrôle lors des échanges nationaux et internationaux est capital pour éviter l’introduction de fléaux difficiles à éradiquer, comme la maladie du maïs (MLMP) en Afrique de l’est ou le virus du sommet touffu du bananier (BBT) à la frontière camerounaise.
La représentante de l’ Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a évoqué les défis liés à la mondialisation et au climat qui impose un renforcement continu des moyens techniques, humains et financiers pour assurer une résilience durable. Pour elle, toute nouvelle variété de semences doit être certifiée non-OGM par un organisme agréé et soumise à des prélèvements frontaliers pour analyse en laboratoire. Elle demande de prendre des mesures strictes pour prévenir l’introduction de pathogènes absents mais dangereux, comme la striure brune du manioc, le Fusarium TR4 (bananier) ou la nécrose létale du maïs.
La table ronde se termine par une conclusion prononcée par le Minader : « La prévention de la biodiversité, la sécurité alimentaire est une affaire de tous ».
Auteur: Pierre Tahingam
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