Au lendemain du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, l’éducation s’impose comme un thème central dans le débat public camerounais.

Enseignants, syndicats et organisations de la société civile interpellent les partis politiques sur leurs engagements réels pour relever les défis structurels qui entravent le système éducatif national. Le Cefan a organisé le 4 octobre 2025, une rencontre avec les représentants des 12 candidats à la présidentielle 2025.En effet depuis plusieurs années, l’éducation au Cameroun souffre d’un sous-financement persistant. Les dépenses allouées oscillent autour de 15 % du budget de l’État, loin des standards internationaux recommandés par l’Unesco (20 % des dépenses publiques ou 6 % du PIB). Le gouvernement s’était pourtant fixé un objectif minimal de 18,5 %. Cette insuffisance impacte directement la qualité de l’enseignement : infrastructures scolaires délabrées, manque criant d’enseignants formés, surpopulation des salles de classe et inégalités régionales marquées.Face à cette situation, les syndicats exigent des candidats à la présidentielle de préciser leurs mécanismes de financement : augmentation progressive de la part budgétaire, mobilisation de partenariats publics-privés ou recours plus stratégique aux financements internationaux, notamment ceux du Partenariat mondial pour l’éducation.

Barrière des frais au préscolaire

Si l’enseignement primaire est officiellement gratuit, le préscolaire demeure payant. Les frais exigés – en moyenne 7 500 FCFA – constituent une barrière pour de nombreux ménages, particulièrement dans les zones rurales et urbaines défavorisées. Or, le préscolaire est un levier décisif pour l’éveil, la socialisation et la préparation des enfants à l’école de base. La suppression de ces frais, ou à défaut, la mise en place de mécanismes de subvention ciblée pour les familles vulnérables, figure parmi les principales revendications du corps enseignant et des associations de parents d’élèves.

Inclusion des enfants à besoins spécifiques

L’école camerounaise est confrontée à un défi qualitatif majeur : l’inclusion. Les enfants en situation de handicap ou ayant des besoins éducatifs spécifiques restent souvent marginalisés, faute de dispositifs adaptés. Peu d’établissements disposent de matériel spécialisé, de personnel formé ou de politiques inclusives effectives.Les acteurs éducatifs demandent aux partis politiques de clarifier leurs propositions : quelle stratégie nationale pour une éducation inclusive ? Quels investissements dans la formation des enseignants et dans l’équipement des écoles

Cette démarche participative rejoint le thème retenu par l’Unesco pour la Journée mondiale des enseignants 2025 : « Définir l’enseignement comme une profession de collaboration ». Elle rappelle qu’au-delà des promesses électorales, c’est la concertation durable entre État, enseignants, parents et partenaires qui peut refonder l’école camerounaise. Dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales, l’éducation apparaît non seulement comme un droit fondamental, mais aussi comme un enjeu stratégique pour l’avenir du Cameroun. Les électeurs et les enseignants attendent des réponses concrètes, chiffrées et réalisables. Plus qu’un simple thème de campagne, le financement et la gratuité du préscolaire doivent être envisagés comme un investissement structurant pour briser le cycle de la pauvreté et bâtir une société plus équitable.

Benjamin AVA

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Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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