Marrakech – L’Association « Adala pour le droit à un procès équitable » a organisé vendredi à Marrakech, un séminaire pour le lancement de sa « Campagne de plaidoyer pour la dépénalisation des infractions mineures au Maroc ».

Initiée avec le soutien de l’Open Society Foundations, cette campagne vise à sensibiliser sur la nécessité d’adopter des peines alternatives à la détention et pour la réforme du système pénal et judiciaire, indique un communiqué de cette association marocaine.

Selon l’association Adala pour le droit à un procès équitable, se référant à des statistiques de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), dans le contexte sanitaire actuel, plus de 91.623 personnes ont été arrêtées et poursuivies en justice dans le cadre du décret-loi n°2-20.292 pour violation de l’état d’urgence sanitaire et d’autres délits.

« Il s’agit, principalement de déplacements sans autorisation, du non port de masque de protection, d’attroupement et rébellion ainsi que l’incitation à ces délits, de non-exécution de travaux ordonnés par les pouvoirs publics, de refus d’obtempérer aux forces de l’ordre », selon la DGSN.

« Cette campagne de plaidoyer pour la dépénalisation des infractions mineures au Maroc doit inciter à réfléchir et à mettre en application des solutions alternatives, d’autant plus que la détention n’a dans aucun pays permis d’éliminer les infractions, sachant que les infractions mineures pénalisent plus durement les populations les plus vulnérables en aggravant les conditions socio-économiques de familles entières », souligne la même source.

« Compte tenu des budgets colossaux nécessaires au maintien en détention, il semble opportun de plaider en faveur d’une justice restaurative », insiste cette association.

Des représentants d’institutions gouvernementales, nationales et universitaires, ainsi que des experts et des représentants de la société civile ont participé à ce séminaire pour étudier les enjeux et les perspectives du système pénal et judiciaire au Maroc.

Ce séminaire avait pour objectif de présenter aux professionnels de la justice, aux représentants des services sociaux, aux acteurs de la société civile et au grand public les objectifs et activités prévues dans le cadre du projet.

Au menu de cette rencontre figuraient des sessions axées sur des thématiques se rapportant notamment à « la politique pénale et au principe de dépénalisation » et « Défis et problématiques de la justice pénale ».

Auteur: Meriem IGASS
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