Merci, « président « ! L’Algérie, qui a éliminé dans la douleur la Côte d’Ivoire, au terme d’une séance de tirs au but épique (1-1, 4-3 t.a.b), jeudi à Suez (Égypte),  s’est qualifiée pour les demi-finales de la CAN-2019, et poursuit son parcours de grand favori pour la victoire finale. 

Un arrêt de Raïs («président» en arabe) M’Bolhi et le poteau ivoirien pour une délivrance, synonyme de miracle et de revanche. Battus (3-1) en quarts de l’édition 2015 par les Eléphants ivoiriens, les Fennecs avaient laissé la Côte d’Ivoire de Hervé Renard s’envoler vers le titre continental. L’Algérie connaîtra-t-elle le même destin après avoir fait de même quatre ans plus tard ? Pour son retour dans le dernier carré, après près d’une décennie de disette, les hommes de Belmadi devront se défaire du Nigeria, demain, s’ils veulent poursuivre leur rêve de sacre. Dans un stade de Suez très clairsemé, mais largement acquis à la cause des «Verts» grâce notamment au «pont aérien», l’Algérie a souffert après l’ouverture du score de son N.10 Sofiane Feghouli (20’) et l’égalisation de Jonathan Kodjia (62’). Mais elle a tenu bon ! Le sélectionneur ivoirien Ibrahim Kamara, auteur avec son équipe d’un hold-up parfait contre le Mali (1-0) au tour précédent, pourrait avoir des regrets. Car en misant sur Wilfried Zaha, seul en pointe au détriment de sa star Nicolas Pépé, laissée sur le banc, son pari a failli être gagnant.  

Poteau de Gradel 

Auteurs d’une belle entame, les Ivoiriens auraient mérité d’ouvrir le score. Mais la sublime frappe enroulée de Max-Alain Gradel a fini sur le poteau (4’), tandis que le centre en retrait dangereux de Jonathan Kodjia n’a pas trouvé preneur (7’)… La défense algérienne, en difficulté sur les ailes, a pris l’eau pendant plus d’un quart d’heure. Mais c’est l’un de ses latéraux qui a fini par débloquer la situation. Après un bon travail de Bounedjah sur le côté gauche, Bensebaini en a profité pour s’introduire dans la surface et délivré un centre parfait pour Feghouli, qui n’a pas manqué l’occasion d’ouvrir le score (1-0 / 20’). Malgré la perte de Youcef Atal sur blessure, remplacé par Mehdi Zeffane, les Fennecs ont pris l’ascendant face aux Eléphants, devenus très nerveux à l’image de Zaha, tout proche de se faire exclure à cause d’un mauvais geste. Riyad Mahrez avait même la possibilité de faire le break juste avant la mi-temps, sur une perte de balle ivoirienne. Mais il a buté sur un retour in extremis de la défense adverse au moment de conclure (45’). 

Bounedjah  rate le pénalty 

Si l’entame a été largement ivoirienne, le début de la seconde période s’est déroulé comme un rêve pour l’Algérie avec un pénalty, provoqué par Bounedjah. Fauché par le portier adverse, le N.9 a voulu se faire justice lui-même… malheureusement la balle a atterri sur le haut de la transversale (47’)! De quoi rebooster le moral des Ivoiriens. Sans se montrer particulièrement dangereux, ils ont fini par égaliser sur un contre assasin grâce à Kodjia, qui a parfaitement fixé la défense adverse pour tromper M’Bolhi (1-1 / 62’). Le premier but encaissé des Verts dans la compétition. Pour ne rien de regretter, les joueurs de Djamel Belmadi ont tout fait pour reprendre l’avantage dans la foulée : Belaïli, très juste techniquement, a d’abord mis sur orbite Bounedjah, qui a manqué son duel (65’); Mahrez a ensuite cru marquer en trompant Gbohouo, avant qu’un défenseur ne sauve le ballon in extremis sur la ligne (68’)… Dans une fin de match très crispée, où Bounedjah a été remplacé par Slimani au bord des larmes (78’), les prolongations n’ont rien donné malgré une occasion en or manquée par le nouvel entrant, avant une séance de pénalties gagnante synonyme de profond soulagement pour Bounedjah ! 

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« L’Algérie, capable de remporter le titre », selon la presse

Des journalistes africains ont salué la qualification de l’équipe nationale, estimant que les Verts étaient capables de remporter le trophée de cette 32e édition. «C’est une grande satisfaction de voir cette équipe algérienne arriver à ce stade de la compétition, on espérant qu’elle remporte pourquoi pas le trophée», a déclaré à l’APS, le vice-président de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS) Afrique, le Marocain Mourad Moutaouakil. 

Le journaliste soudanais du journal sportif Al-Djaouhara Al-Riyadhia, Aissem Mohamed Ali, abonde dans le même sens, estimant que l’Algérie a les moyens d’aller jusqu’au bout de son objectif. «Au vu de ce que cette équipe algérienne a démontré jusque-là, je pense qu’elle partira favorite pour remporter le trophée. Face à la Côte d’Ivoire, l’Algérie aurait pu sceller le sort du match dans le temps réglementaire, mais elle a dû attendre la séance des tirs au but pour se qualifier. Cela doit lui servir de leçon. Le sélectionneur Djamel Belmadi reste l’un des atouts de cette équipe, avec son expérience et son métier. L’Algérie a affiché de bonnes dispositions dans cette CAN, le trophée ne peut lui échapper», dit-il. Le journaliste béninois Sohounde Felix, qui sera honoré aujourd’hui par l’AIPS, au même titre que d’autres confrères ayant été présents à plus de dix CAN, n’a pas tari d’éloges sur l’équipe nationale : «Nous avons vu une équipe algérienne très en verve. Les joueurs étaient hier un peu partout sur le terrain avec un esprit combatif, pour finalement l’emporter. C’est en quelque sorte la marque des grandes équipes. Le match a été dur, mais le staff technique algérien a trouvé les ingrédients nécessaires pour mener l’équipe à la victoire. L’Algérie est aujourd’hui parmi les quatre plus grandes nations du continent, je tire chapeau à cette équipe.» Journaliste au sein du quotidien béninois le Confrère de la Matinée, Sohounde Felix voit l’Algérie animer la finale : «Je vois l’Algérie en finale. J’espère qu’elle ne va pas décevoir. Si l’équipe retrouve son allant face à son adversaire d’il y a quelques jours, elle pourra faire très mal et monter sur la plus haute marche du podium. Je pense que les garçons ont la foi, la volonté, ils sont en train de jouer un football champagne et vont prouver que l’Algérie est un pays de football.»  Enfin, Gouda Abouelnour, journaliste égyptien au service des sports du journal Al-Ahram, s’est dit «agréablement surpris» par le niveau de l’équipe nationale, estimant que les Verts sont capables de remporter cette CAN.

Auteur: elmoudjahid
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