Elle est, vraiment, ridicule, la situation dans le pays, avec des personnes qui ne peuvent, même pas diriger leurs familles et qui aspirent à se porter candidates à la magistrature suprême, pour aller dormir au palais de Carthage… Mais, leurs rêves ont-ils une chance de devenir réalité ? Ce ne semble pas possible, surtout que certains de ces potentiels candidats ne vont pas se reconnaître eux-mêmes s’ils se regardent dans un miroir, lorsqu’ils se réveillent, le matin. Toutefois, plus on est des fous, plus on rit, comme le dit l’adage, surtout que la note de l’organisation de la présidentielle sera payée par le pauvre peuple.

La candidature à la présidence de la République est un droit garanti par la Constitution, à condition que le candidat réunisse cinq mille signature, soit même pas un pour cent du nombre des électeurs. Toutefois, cela ne peut pas durer, surtout si on se rappelle les résultats de la précédente présidentielle où certains de ces candidats n’ont pas atteint ce 1%, ce qui les avait ridiculisé, tout en montrant qu’ils ont fait usage de subterfuges et de magouilles, pour atteindre ces cinq mille signatures. Trop de personnes affutent leurs armes et croient qu’ils peuvent occuper le poste de président de la République, et c’est leur droit, surtout après avoir vu qui avaient occupé ce poste, alors que personne ne pouvait parier un millime sur leur chance.

Ce fut le cas avec l’ancien président par intérim de la République, Mohamed Moncef Marzouki, qui, alléché, puis propulsé par le mouvement islamiste Ennahdha, avait eu la chance d’occuper le palais de Carthage, alors qu’il n’avait récolté que quelques six mille voix, dans sa circonscription électorale. Sans oublier que son passage à la magistrature suprême du pays avait été accompagné de toutes les catastrophes possibles et inimaginables.

Ce personnage énigmatique affiche, de nouveau ses ambitions, surtout qu’il a un parti qu’il a remodelé à sa mesure et qu’il compte, en plus, sur un possible soutien de ses alliés islamistes, s’il a un peu de chance, comme pour la dernière fois.

A cette candidature s’ajoute celle de l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali qui a annoncé, récemment, son intention de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle en sa qualité d’indépendant, relevant qu’aucun accord préalable n’a été convenu avec Ennahdha à ce sujet.

« En tant qu’ancien dirigeant du mouvement Ennahdha, je serais honoré de bénéficier des voix de ses électeurs », a-t-il déclaré lors d’une réunion à Sfax. Selon lui, le président de la République doit être indépendant, au-dessus de tous les partis et à l’écart des surenchères pour représenter toutes les classes sociales et être la voix des sans-voix.

Lors des prochaines élections, le peuple tunisien fera face à deux choix : soit le retour de l’ancien système, de la dictature et des lobbys corrompus, soit continuer le processus de réalisation des objectifs de la révolution, choix qui reste viable grâce à une élection et un vote conscients, a-t-il dit.

« La Tunisie a besoin d’un projet national pour sauver le pays de la situation économique, sociale et sécuritaire qu’il traverse sous la conduite d’un président indépendant vis-à-vis de tous les partis « , a-t-il ajouté.

Cette argumentation tient la route, mais il oublie que les temps ont changé, qu’il a perdu beaucoup de sa crédibilité, en quittant le poste de chef de gouvernement par la petite porte, et en se faisant oublier en quittant la scène politique, depuis son éviction et le gel de sa participation au mouvement Ennahdha.

D’autres candidats sont hissés et poussés par les sondages, notamment certains qui avaient déjà tenté l’expérience en ne récoltant que moins de 5%, notamment Hamma Hammami, le porte-parole du Front populaire dont le score n’était pas aussi brillant, lors des élections de 2014.

Il faut compter, aussi, avec des nouveaux venus qui ont de l’ambition et qui cherchent à jouer sur la crédulité de l’opinion publique. On cite, à ce propos, Kaïs Saïd, Mehdi Jomaa, Mohamed Abbou, Abir Moussi, et tant d’autres qui vont aider à gaspiller les deniers publics, sans aucune chance de percer.

Il faut, peut-être, aussi compter sur la candidature (non déclarée, jusqu’à maintenant) du président du gouvernement, Youssef Chahed qui, avec son nouveau parti, peut avoir de nouvelles ambitions, s’il attire les rescapés de Nidaa Tounès qui sont assez nombreux. Mais vivra qui verra.

Ainsi, plus on est des fous, plus on rit… mais, c’est une rigolade amère qui risque de plonger le pays dans le désespoir total.

Faouzi SNOUSSI

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Auteur: L’expert
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