15 milliards de DH. C’est le montant des investissements en assainissement pluvial nécessaires à l’horizon 2027 pour que Casablanca soit à l’abri d’inondations futures. Au lendemain des fortes précipitations qu’a connues la métropole, le délégataire des services de distribution et d’assainissement a tenu à présenter sa version des faits.

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Le management de Lydec, objet depuis quelques jours d’une salve de critiques sur sa gestion de la crise, a fait une sortie, mardi 12 janvier,  pour se disculper face à la grogne des Casablancais. «Toutes les parties prenantes doivent se mettre ensemble afin de trouver une solution», souligne Jean-Pascal Darriet, DG de Lydec.

Selon lui, il faudra coûte que coûte accélérer le programme d’investissement dans les infrastructures pour supprimer les principaux points de débordement à Casablanca. Et le délégataire en a recensé au moins une vingtaine. Pour chaque zone, une solution adéquate est proposée. Le réseau d’assainissement pluvial nécessite d’être renforcé sur certaines zones sensibles, objets de débordements.

«Les études sont déjà effectuées et les besoins définis dans le cadre du schéma directeur établi dès 2013», explique Saâd Azzaoui, directeur maîtrise d’ouvrages en charge de la planification, études et travaux chez Lydec. Il reste à trouver les financements et les solutions, selon les termes de Darriet, à travers des emprunts, des aides ou toute autre forme adéquate.

Bassins d’orage, collecteurs, canalisations … sont autant d’ouvrages coûteux en termes de temps et d’investissements. En effet, des projets de bassins d’orages entamés depuis 2018 à Hay Sadri et Lisassfa ne sont toujours pas livrés. Le délégataire promet leur mise en service fin 2021.

C’est aussi une question de moyens disponibles «Les projets d’assainissement liquide, notamment les collecteurs des eaux pluviales, sont réalisés en fonction des capacités d’investissement», souligne le management de Lydec. Ils visent à renforcer ou étendre les réseaux afin d’accompagner le développement de la ville, et réduire l’impact des débordements sur des points identifiés.

C’est connu. Casablanca enregistre une forte croissance urbanistique qui va plus vite que la capacité de ses réseaux d’assainissement. «Depuis 2010, plus de 27.000 hectares ont été ouverts à l’urbanisation sans que le réseau d’assainissement soit adapté à cette croissance», poursuit Azzaoui.

De plus, les eaux usées des nouveaux quartiers périphériques qui  se déversent en mer doivent traverser toute la ville, y compris le centre historique. Il faudra aussi trouver des solutions pour certaines zones en cuvette (comme la ZI de Bernoussi).

Il ne faut pas oublier non plus la requalification urbaine du centre-ville (passage de zones villas à des zones immeubles…)  et l’ouverture de nouvelles zones péri-urbaines (Errahma, Dar Bouazza, Médiouna, Bouskoura…) engendrant notamment un phénomène d’imperméabilisation des sols. Les extensions en périphérie ne sont pas non plus suffisamment couvertes par de nouveaux réseaux d’assainissements.

Pour rappel, depuis son démarrage en 1997, la gestion déléguée a investi près de 26 milliards de DH, dont environ 45% dédiés à l’assainissement liquide. Ces ouvrages ont permis de résorber de nombreux points d’inondations (comme l’ouvrage qui a résorbé le point noir à El Fida, le bassin d’orage enterré de Derb Diwane à Aïn Chock…).

                                                                 

L’éternel dossier de l’harmonisation

Lydec brandit de nouveau l’épineux dossier de l’harmonisation des territoires. L’intégration des zones relevant de l’ONEE est un sujet qui lui tient à cœur. La convention signée en 2014 dans le cadre du Plan de Développement du Grand Casablanca (PDGC) n’est toujours pas appliquée. En clair, Lydec veut élargir son territoire pour englober les zones qui relèvent encore de l’ONEE (Sidi Maârouf, Dar Bouazza, Nouaceur…). En effet, ce sont les prélèvements sur les factures d’électricité qui permettent d’assurer la maintenance du réseau d’assainissement (via un système de péréquation). Or, sur ces zones là, Lydec n’assure que la distribution de l’eau potable et l’assainissement, sans inclure l’électricité. Une aberration que le délégataire ne cesse de pointer du doigt depuis des années.

Aziza EL AFFAS

Auteur: hlafriqi
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