Démarrage de la mise à niveau cette semaine
Caméras, vigiles… l’attirail pour combattre les vendeurs à la sauvette
Budget: 24 millions de DH
La ruelle piétonne du Prince My Abdellah a connu des jours meilleurs. Elle était la destination shopping de référence durant les années 70 et 80. Va-t-elle renaître de ses cendres après les travaux de restauration? Rendez-vous dans un an … (Ph. A.B.)
Nouveau chantier au centre-ville de Casablanca. La réhabilitation de la fameuse rue piétonne Prince My Abdellah (ex Blaise Pascal), l’une des plus anciennes de la ville, sera entamée cette semaine. Ce projet qui a pris un retard de 2 ans (cf. édition du 21 juillet 2017) devra être relancé et son budget revu à la hausse.
La restauration de cette rue, qui nécessitera une enveloppe de 24 millions de DH, devrait durer une année. Une période durant laquelle les 200 commerces qui ont pignon sur rue vont devoir prendre leur mal en patience. Leur chiffre d’affaires risque de fondre comme neige au soleil en raison de l’accessibilité limitée du site durant les travaux.
Au programme: revêtement du sol avec du granit, éclairage suspendu (pour éviter le vol des lignes électriques), nouveau mobilier urbain, installation de caméras de surveillance… Le but étant de dissuader les vendeurs ambulants récidivistes. «Cette mise à niveau, pilotée par la SDL Casa-Aménagement, a été relancée sous l’impulsion du gouverneur de la préfecture d’Anfa», tient à préciser Ali Bouftass, président de l’association «Assafaa» des commerçants, des professions libérales et des services du centre-ville.
La sculpture de Sijilmassi s’est transformée en aire de jeux pour enfants! (Ph. A.B.)
Ce dernier se dit prêt à supporter les désagréments des travaux et leur impact sur le chiffre d’affaires des commerces riverains pourvu que l’environnement immédiat soit assaini. Vendeurs ambulants, SDF, problèmes de stationnement, de circulation, taxis blancs…. autant de sources de nuisance ayant déjà impacté l’activité dans cette rue commerçante, qui a eu ses heures de gloire dans les années 70 et 80.
Aujourd’hui, les riverains espèrent redorer le blason de leur rue en entreprenant une série d’actions. «Tout d’abord, il a fallu résoudre le problème de la boucle de circulation qui nous a pratiquement isolés dans un îlot au milieu d’un cercle sans issue ou voie d’accès», explique Bouftass. Une bifurcation au niveau de bd Hassan II permet depuis quelques mois d’accéder au boulevard Driss Lahrizi, séparant les deux parties de la rue Prince My Abdellah.
Les nombreux vendeurs ambulants ont été tant bien que mal bannis devant les commerces. Il ne reste plus qu’à régler le problème des taxis blancs qui squattent la place du 16 novembre (en face de l’Institut Goethe). «Ce rond-point sera également transformé en rue piétonne, tout en gardant en place la fameuse sculpture de Sijilmassi», poursuit Bouftass.
La place du 16 novembre est transformée en station de grands taxis au grand dam des riverains (habitants et commerces) qui doivent supporter le brouhaha ambiant et les files d’attentes interminables en heures de pointe (Ph. A.B.)
u terme des travaux, les membres affiliés à l’association Assafa prévoient le recrutement d’une dizaine de vigiles afin de parer à un éventuel retour des «ferrachas» (vendeurs ambulants). «Les caméras de surveillance et les vigiles permettront de prévenir une invasion de vendeurs à la sauvette, comme ce fut le cas il y a 2 ou 3 ans», affirme le président de l’association.
Les commerces réglementaires espèrent ainsi récupérer une clientèle perdue. Ce qui n’est pas une tâche aisée. Les aménagements au centre-ville s’éternisent. Beaucoup sont lancés depuis des années comme la réhabilitation de la coupole de Zevaco, le Grand-théâtre, la trémie Almohades (pour ne citer qu’eux) … d’autres depuis quelques mois (comme les voiries et les grandes artères). Les travaux sur la trajectoire des futures lignes 3 et 4 n’arrangent pas non plus la situation. Des boulevards comme celui du 11 janvier, Mustapha Maâni, Rahal Meskini, Lalla Yacout … ont plus l’allure d’un champ de bataille, que d’une destination shopping. Des quartiers (comme Mers Sultan), autrefois huppés, agonisent dans l’indifférence des élus locaux. Une situation qui n’encourage pas les Casablancais à renouer avec le cœur historique de leur ville.
Aziza EL AFFAS
Auteur: hlafriqi
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