Le groupe met en place un nouveau cadre de gestion de risques
Le ratio de solvabilité en deçà du niveau des exigences de Bâle
Déséquilibre entre les fonds propres prudentiels et les risques encourus
Démarré en 2015 déjà le projet de refonte du cadre prudentiel de CDG s’est déroulé sur plusieurs étapes jusqu’à son déploiement effectif
La Cour des comptes est passée par là! La Caisse de dépôts et de gestion (CDG) vient de se doter d’un modèle prudentiel flambant neuf suite aux recommandations des magistrats de la Cour. En réalité, la Caisse travaille sur ce projet depuis 2015 dont la mise en place est semble-t-il devenu indispensable pour son top management.
Et pour cause, le groupe positionne désormais «la gestion du risque comme outil de pilotage formalisé indissociable de toute prise de décision». Ce nouveau cadre prudentiel est aussi important pour la Banque centrale dans le cadre de l’exercice de sa fonction de contrôle et de supervision. Le travail conjoint des équipes de BAM et de celles de CDG a permis l’élaboration d’une circulaire dédiée à la CDG.
«Cette avancée majeure qui constitue une grande première dans la réglementation prudentielle fera désormais du nouveau cadre prudentiel un pilier fondamental de pilotage du groupe et un instrument réglementaire de la Banque centrale pour le contrôle et la supervision de la Caisse», apprend-on auprès de l’institution.
Il faut dire que le groupe a connu, sur les 15 dernières années, un important développement qui s’est traduit par une forte croissance de ses engagements dont la rentabilité est souvent différée et les risques sont non quantifiés.
Compte tenu de ces évolutions liées au profil d’investisseur long terme, l’application des dispositions prudentielles issues du dispositif de Bâle est difficile dans le cas du business model de la CDG. Ce qui a conduit, de sources internes à la CDG, à accentuer le déséquilibre entre les fonds propres prudentiels du groupe et les risques encourus.
D’où un niveau de ratio de solvabilité en deçà de la limite réglementaire. Plus globalement, la réflexion sur la mise en place de ce nouveau cadre devait répondre à un triple objectif. En effet, la Caisse doit faire face au faible niveau des fonds propres prudentiels, calculé conformément aux normes bâloises. Celui-ci devient un frein pour le développement de l’activité et le déploiement des orientations stratégiques du groupe.
CDG doit suivre, de manière régulière, l’adéquation entre le montant des fonds propres et les risques encourus ou à engager. D’où l’intérêt et l’importance de doter le management d’un outil de prise de décision et de pilotage permettant une allocation optimisant le couple rendement/risque.
Ainsi le travail de refonte du cadre prudentiel a porté sur la partie fonds propres pour l’évaluation et l’estimation de la richesse de la CDG. Il y a aussi l’introduction d’un nouveau risque: celui de l’investissement qui doit impérativement être quantifié à travers l’approche «perte de valeur».
Moulay Ahmed BELGHITI
Auteur: hlafriqi
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