La nationalisation des hydrocarbures, qu’annonçait il y a 48 ans le Président Houari Boumediène, à la maison du Peuple, devant des milliers de travailleurs qui célébraient alors le 15e anniversaire de l’UGTA, relève indéniablement d’une décision historique, à travers laquelle l’Algérie souveraine reprenait le contrôle de toutes ses ressources naturelles, et confortait, ainsi, son indépendance acquise au prix d’une longue lutte par les sacrifices de son peuple, ses moudjahidine et ses glorieux martyrs.

Qui ne se souvient en effet de ce discours historique prononcé le 24 février 1971 à l’issue duquel le Président Houari Boumediène, impulsant alors les pays du Tiers Monde vers un destin meilleur, annonçait sous un tonnerre d’applaudissement et à la face du monde cette mémorable décision : «Nous avons décidé souverainement de nationaliser les hydrocarbures», mettant par la même fin aux dernières illusions de l’ancienne puissance coloniale et confortant la volonté inébranlable de tous les Algériens qui prirent leur destin en main.
Une décision dont l’écho résonnera partout à travers le monde et prenait, au terme de longues négociations avec l’ancienne puissance coloniale, la juste dimension d’une deuxième décolonisation, économique cette fois, après le recouvrement de l’intégralité de son territoire. Face au refus qu’exercèrent alors les sociétés pétrolières françaises implantées dans le sud du pays et leur départ massif, pensant sans doute que les torches éteintes n’allaient plus repartir, l’admirable détermination et l’abnégation des travailleurs algériens qui se mobilisèrent, aidés en cela par un amour profond de la patrie, ont permis de relever le défi qui s’imposait et d’engager l’industrie des hydrocarbures dans une nouvelle dynamique.
Une décision forte, très forte même, qui fit dès lors de l’Algérie et au-delà du caractère politique et du recouvrement de la souveraineté nationale sur le secteur des hydrocarbures, un pays leader en puissance sur la scène régionale et même internationale et impulsant du même coup, d’autres pays comme l’Irak en 1972 et la Libye une année plus tard, à s’engager sur cette même voie.
«Ce jour-là, nous n’avons pas pu retenir nos larmes. Nous pleurions de joie comme des enfants, l’émotion était à son paroxysme quand le Président Boumediène annonça cette décision qui résonne encore dans nos mémoires et rendit toute sa fierté et sa dignité à un peuple qui a subi l’oppression coloniale et la torture sous toutes ses formes, mais n’a jamais cessé de lutter pour le recouvrement de sa liberté spoliée. Ce discours et cette décision du 24 février 1971 relèvent d’une fierté reconquise et d’un destin nouveau de notre pays entre les mains de ses enfants», nous dit la gorge serrée Hadj Salah, 84 ans, militant de la première heure, déjà syndicaliste à 36 ans. Il n’oublie rien, il se noie un moment dans les profondeurs de sa mémoire et nous revient, rattrapant le temps et les souvenirs pour ajouter : «A l’ancienne puissance coloniale qui disait que le pétrole algérien était rouge, Houari Boumediène répliqua : «Le pétrole algérien est rouge, par le sang de nos martyrs». Notre interlocuteur figé alors devant son poste de télévision n’a pas oublié ce discours historique.
C’est cette même fierté qui a animé le peuple algérien et qui a été d’autant plus ressentie, qu’une telle décision qui portait sur la nationalisation des hydrocarbures à hauteur de 51% des intérêts des sociétés concessionnaires françaises qui opéraient dans le Sud, la nationalisation totale des réserves gazières et tous les moyens de transport des hydrocarbures, intervenait au moment où l’Algérie s’apprêtait à relever bien d’autres défis sur d’autres fronts non moins importants comme ceux du grand barrage vert, des 1.000 villages agricoles, de l’éducation pour tous, de la médecine gratuite et combien d’autres challenges portés par cette génération de pionniers des années 1970 qui permirent à l’Algérie de reprendre le contrôle de ses ressources naturelles.
L’Algérie ouvrait ainsi la voie au recouvrement définitif de sa souveraineté et n’a cessé depuis de jouer un rôle prépondérant sur la scène internationale.
    F. Zoghbi
 

Auteur: elmoudjahid
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