Dans une interview accordée à l’hebdomadaire panafricain Jeune  Afrique, le président du Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) se montre particulièrement amer envers la politique fiscale du gouvernement. Estimant que le moral des patrons camerounais « est en berne » à cause de la situation économique et de l’environnement des affaires,  Célestin Tawamba relève que les chefs d’entreprise sont asphyxiés par « une fiscalité confiscatoire, voire prédatrice dans sa mise en œuvre, réticente à l’élargissement de l’assiette fiscale et assise sur le chiffre d’affaires ».

De manière concrète, le président du Gicam fustige le fait que la plupart des entreprises sont soumises au paiement minimum de perception. Ce dernier est de 2,2% du chiffre d’affaires. Les entrepreneurs camerounais auraient souhaité être imposés sur le bénéfice réellement réalisé comme c’est fixé sur l’impôt sur le revenu. « Résultat : dans des secteurs où la marge bénéficiaire est faible, cette taxation basée sur le chiffre d’affaires pénalise l’activité », souligne Célestin Tawamba.


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Le Gicam avait recommandé une sortie de ce système, afin d’élargir l’assiette. Mais de manière plus large, Célestin Tawamba pense à une réforme du système fiscal camerounais pour réintroduire la sérénité et avoir une économie compétitive. « Le dispositif s’est amélioré, mais il faut aller à l’essentiel qui est l’abandon de cette fiscalité basée sur le chiffre d’affaires. Nous ne pouvons pas avoir une fiscalité déconnectée de la réalité », martèle-t-il. Regrettant par ailleurs « la peur du changement » chez les dirigeants du pays, ainsi qu’une sorte de « facilité » à avoir une fiscalité adossée à la taxation de revenus.

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Auteur: Francky
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