En marge des Assemblées annuelles 2025 du FMI et de la Banque mondiale, la Commission de la Cemac a multiplié les échanges avec les institutions financières internationales. Parmi les sujets : la gestion des fonds RES.
Sous la conduite de Son Excellence Baltasar Engonga Edjo’o, président de la Commission de la Cemac, la délégation de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a participé activement aux Assemblées annuelles 2025 du FMI et de la Banque mondiale, ténues du 13 au 19 octobre à Washington D.C.Au-delà des échanges techniques habituels sur la stabilité macroéconomique et la consolidation budgétaire, une question sensible s’impose désormais au centre des discussions : la gouvernance des fonds de remise en état des sites pétroliers (fonds RES).Institués par la réglementation communautaire des changes, ces fonds visent à garantir la disponibilité des ressources financières nécessaires à la restauration des sites d’exploitation pétrolière en fin de vie. Ils matérialisent l’ambition de la Cemac d’encadrer de manière durable la gestion environnementale de l’activité pétrolière, tout en préservant la transparence financière régionale.Mais la mise en œuvre concrète de ces dispositions continue de susciter des discussions entre les États, la Banque centrale et les compagnies pétrolières. Ces dernières, notamment les majors américaines opérant dans la sous-région, souhaitent avoir un droit de regard sur la gestion effective desdits fonds, pour s’assurer qu’ils remplissent bien leur objectif initial : la remise en état des sites après exploitation.
Lors d’une réunion Cemac–Béac-compagnies pétrolières , organisée en marge des Assemblées, la question a été expressément posée.Les entreprises ont plaidé pour une plus grande transparence dans la gouvernance des fonds RES, soulignant qu’une utilisation optimale de ces ressources contribuerait à renforcer la crédibilité environnementale et financière de la région vis-à-vis des investisseurs.De son côté, la Commission de la Cemac a réaffirmé sa volonté de dialogue et de conciliation, tout en insistant sur la nécessité de préserver la souveraineté réglementaire communautaire en matière de gestion des devises issues du secteur extractif.Selon un membre de la délégation, ces échanges visent à « trouver un compromis équilibré entre la conformité à la réglementation régionale des changes et la prise en compte des préoccupations opérationnelles des entreprises ».
Le FMI en appui technique et institutionnel
Cette question s’est également invitée dans les réunions bilatérales avec les départements du FMI, notamment celui des Finances publiques (FAD).Les discussions ont porté sur l’assistance technique du Fonds dans la modernisation des finances publiques et la gouvernance des ressources naturelles, y compris la gestion des fonds spéciaux tels que les RES.Pour le FMI, la bonne maîtrise de ces instruments constitue un préalable à la soutenabilité budgétaire et un gage de confiance des partenaires financiers internationaux.
Au-delà des aspects purement financiers, ce débat reflète une évolution structurelle de la gouvernance économique en Afrique centrale : la volonté d’intégrer pleinement les enjeux environnementaux et de durabilité dans la régulation macroéconomique régionale.La Cemac entend ainsi positionner le secteur pétrolier non plus seulement comme un moteur budgétaire, mais comme un levier de transition responsable, conciliant performance économique et respect des engagements climatiques.
À Washington, la Commission a poursuivi ses échanges avec le FMI et la Banque mondiale autour d’autres dossiers structurants : l’harmonisation des statistiques régionales (projet HISWACA), le renforcement des finances publiques et la mise en place de programmes régionaux en matière de sécurité sanitaire et de gestion de la dette. Mais c’est bien sur le terrain de la transparence des fonds pétroliers que se joue, en partie, la crédibilité de la sous-région dans sa marche vers une économie mieux intégrée, plus durable et plus responsable.
Léon Mgba
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Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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