En étude depuis plusieurs années, le cadre légal sur la finance islamique a enfin été adopté dans la zone Cemac. Représentant moins de 5% des actifs bancaires sur le continent africain, la finance islamique a été remise au goût du jour le 5 octobre dernier à Yaoundé. C’était au cours du Conseil d’administration (CA) de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), réuni en session ordinaire sous la présidence d’Hervé Ndoba, ministre centrafricain des Finances et du Budget. Au cours des travaux, le CA a délivré son avis conforme en vue de la validationdu cadre réglementaire relatif aux conditions d’exercice et de contrôle de l’activité de finance islamique en Afrique centrale. Ce texte est le socle juridique du marché financier sur la base duquel seront désormais élaborés les textes régissant cette nouvelle catégorie d’instruments financiers: les Sukuks.
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Titres financiers islamiques, les Sukuks sont des parts de fonds commun de titrisation de créance équivalant à une obligation ordinaire et soumis à la loi islamique, la Charia. Ainsi, la finance islamique prohibe le riba, qui peut être défini comme tout intérêt stipulé contractuellement, le « gharar », qui vise l’incertitude et le « maysir » qui correspond à la spéculation. La dernière interdiction porte sur le haram, les activités considérées comme illicites par la Charia (notamment dans l’industrie de l’alcool). L’une des obligations fondamentales des contractants consiste à partager les profits et les pertes pouvant découler de l’opération. Le développement de ce nouveau mécanisme est à l’origine de la croissance du marché de capitaux islamique. De plus les titres financiers islamiques sont cotés sur plusieurs bourses internationales, parmi lesquelles Nasdaq, Dubaï et la London Stock Exchange.
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Bien que les Sukuks africains ne représentent que 0,5% des émissions mondiales de Sukuk, l’agence de notation Moody’s a déclaré dans un rapport rendu public que les banques islamiques détiendront d’ici 2023, 10% du total des actifs bancaires en Afrique. Avec ce nouveau cadre réglementaire, les pays de la Cemac s’engagent à adopter pleinement cet instrument financier. Au Cameroun par exemple, le pays est encore réfractaire à ce mécanisme et pourtant, la Banque islamique de développement (BID) première banque multilatérale de finance islamique dans le monde lui apporte son soutien multiforme. En l’occurrence ; l’aide de 52 milliards au profit des riziculteurs camerounais, le prêt de 54,8 milliards FCFA accordé à la Sonara ; le financement de 64,2 milliards en faveur de la Sodecoton etc.
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Auteur: Mairamou Abdou
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