Les analystes de ce think tank reviennent sur le dernier discours du chef d’état-major de l’ANP, M. Gaïd Salah, dans lequel il a affirmé que le dialogue devrait être «loin de la méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats», ajoutant que «de telles méthodes et thèses sont catégoriquement rejetées».
Les rédacteurs du rapport rappellent que «deux des membres du panel se sont retirés», mais sans que cela affecte réellement le travail de l’instance qui fera face à «une tâche difficile».
Ses membres «ont conscience des difficultés et du travail acharné qu’implique la préparation du terrain pour essayer de faire converger les opinions et positions jusque-là diamétralement opposées. Entre partisans du dialogue et de la solution constitutionnelle et ceux défendant une position plutôt radicale refusant tout appel au dialogue et insistant sur «les préalables», la mission de l’équipe de l’ancien président de l’APN sera «laborieuse».
Il faut rappeler, dans ce contexte, que M. Gaid Salah a insisté sur les «élections qui constituent le point essentiel autour duquel doit s’axer le dialogue». Il avait mis en exergue que l’Algérie a besoin de «ceux qui se sacrifient pour elle et qui élèvent l’intérêt suprême de la patrie au-dessus de toute considération».
Le mouvement populaire déclenché il y a six mois, «exige le changement radical du système et la refonte du système politique du pays». Les analystes de Stratfor rappellent que «pour certaines exigences du mouvement populaire, le pouvoir a clairement indiqué que certaines revendications ne peuvent être reçues, car il s’agit d’interférence dans le travail de la justice, comme c’est le cas pour «la libération des détenus d’opinion» et la levée des mesures de sécurité supplémentaires autour de la capitale.Le mouvement de protestation populaire veut réformer radicalement le système politique du pays, enchaînent les rédacteurs de ce rapport, indiquant qu’ «en dépit de la crise politique que traverse le pays, l’Etat algérien reste toujours ferme».
Les chercheurs estiment dans leur rapport que «plus le débat avec le gouvernement s’enlisera, plus l’instance de médiation risque de perdre sa crédibilité auprès des segments de l’opposition». Certains dans la rue ont déjà accusé les membres du panel de diluer les revendications de l’opposition, ce qui a motivé les démissions de certains membres.
Pour rappel, jeudi dernier, l’Instance nationale de dialogue et de médiation a décidé «d’entamer le dialogue national sans délai», selon un calendrier «qui sera annoncé ultérieurement».
Dans le communiqué de cette instance il a été annoncé que «des réunions se tiendront suivant un calendrier qu’elle arrêtera dans les plus brefs délais, avec les composantes de la société civile, les partis politiques, les personnalités nationales ainsi que des jeunes et militants du Hirak représentant différentes wilayas du pays, afin d’écouter leurs vision et propositions pour une sortie de crise». Au terme des rounds de dialogue, l’Instance procédera à «l’élaboration d’une première mouture des propositions qui lui ont été soumises. Elle pourra, alors, entreprendre toute médiation pour concilier les propositions formulées, en cas de contradictions, avant d’élaborer les propositions finales à l’issue d’une réunion qui sera tenue dans le cadre d’une Conférence nationale souveraine dont les décisions seront contraignantes pour les pouvoirs publics».
Dans le rapport publié en ce début du mois, il est mentionné que l’instance de dialogue et de médiation se trouve dans une situation difficile pour faire le point sur le dialogue et ses mécanismes, et d’entamer ensuite le processus «en ces temps extrêmement critiques, maintenant que le mouvement populaire a franchi le cap du 24e vendredi d’affilée».
Tahar Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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