« J’ai décidé que tous les diplômés, tous, sans exception, vont accéder à un emploi et seront recrutés dès le mois de septembre » ! Le ministre du Travail a mis toute la solennité, toute la gravité et toute la détermination dans le ton pour faire cette annonce aux lauréats de la promotion sortante de l’Ecole supérieure de la sécurité sociale. Ceux qui ont le souci du détail ont même cru déceler dans sa gestuelle une mimique à la Houari Boumediène annonçant la nationalisation des hydrocarbures il y a maintenant près de 40 ans. Bien évidemment, les jeunes diplômés ont applaudi, heureux, même s’ils ne pouvaient pas cacher leur surprise. Il y avait de quoi, en effet, surtout que la décision, à l’évidence, procédait plus de l’improvisation populiste que d’une politique de l’emploi, ni même d’un plan de secteur concerté avec les employeurs réels ou potentiels. On ne sait pas si c’est déjà mieux que « donner de l’argent » comme on l’a fait avec l’Ansej mais on sait que l’inspiration est la même. On est incapable d’une politique de l’emploi et de la formation, on fait dans le plus facile pour sauver le moment, quitte à sérieusement compromettre l’avenir… immédiat. Fonce. Comme tous ses « collègues du gouvernement », il est ministre, personne ne connaît son nom, il ne peut même pas aller en visite sans être sommé de dégager mais il fait semblant… d’être ministre. Tout le reste compte pour du beurre.
Aussi sérieusement que le premier, le ministre de l’Education vient de « rassurer » certains postulants aux examens professionnels : ils sont désormais soulagés de l’épreuve de langue étrangère. Pas de problème, on a déjà entendu ça. Des examens où on a exigé des questions sur une partie du programme et pas une autre, des années scolaires où tout le monde passe en classe supérieure… sans autre forme de procès, des sessions de rattrapage à n’en plus finir et vogue la galère ! La qualité de la formation et le niveau des diplômés, pour quoi faire ? Ils seront chômeurs, auront l’argent de l’Ansej ou seront… recrutés sur décision d’un ministre qui va mimer Boumediène, à moins que ce ne soit Bouteflika.
Le ministre de la Justice vient de présider un « colloque » sur la lutte contre la corruption. On pensait qu’on n’avait plus besoin de ce genre de conclaves savants pour faire la guerre à la rapine. On pensait même qu’on était en plein dedans, avec une volonté politique à toute épreuve, une logistique performante et efficace et une… justice indépendante qui bouge toute seule, ne recule devant rien et ne répond à aucune injonction. Sérieux ?
S. L.

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