Dans cet entretien, l’historien, chercheur et archiviste Fouad Soufi s’interroge sur la consistance exacte des archives concernées par la décision annoncée par la ministre française de la Culture, Roselyne Bachelot, et rappelle que le droit à l’information historique est un droit de l’homme.

– Des observateur estiment que les propos de Roselyne Bachelot ne sont pas assez clairs s’agissant des archives devant être libérées par l’Etat français. De quelles archives s’agit-il au juste ?

Mme Bachelot a été effectivement claire, mais juste ce qu’il faut. Ses propos ont été retranscrits comme suit : «J’ouvre avec quinze ans d’avance les archives sur les enquêtes judiciaires de gendarmerie et de police qui ont rapport avec la guerre d’Algérie.»

Il s’agit des archives sur les enquêtes judiciaires, mais pas des archives judiciaires dans leur totalité. Au niveau de la typologie de ces archives, on peut dire qu’il n’y a pas de différence avec celle d’aujourd’hui chez nous.

Donc, ces archives sont les rapports relatifs aux conditions d’arrestation et aux interrogatoires. On y trouvera alors et par définition des noms de lieux, des dates, des noms de personnes. Trouvera-t-on la suite des événements ? Que sont devenues ces personnes ?

La question est très certainement celle des archives des TPFA, les Tribunaux permanents des forces armées. Celles de la DST, du Sdece et des autres services de police et de gendarmerie. Seront-elles concernées ?

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Auteur: Anis Khecheba
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