Ceuta : Le rêve européen tourne court, 37 500 clandestins rapatriés illico, le Maroc déjoue les théories du complotCeuta : Le rêve européen tourne court, 37 500 clandestins rapatriés illico, le Maroc déjoue les théories du complot

La déferlante dans l’enclave espagnole de Ceuta, près de 60 000 migrants marocains en à peine 24 heures (dont des familles complètes), a provoqué un profond émoi au sein de l’Union européenne (UE). La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, est allée jusqu’à proposer de sortir provisoirement l’Espagne de l’espace Schengen pour éviter que les clandestins fassent irruption dans d’autres pays européens. La France a verrouillé ses frontières. Sous la pression, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s’est rendu sur les lieux. Les téléphones entre Madrid et Rabat ont chauffé, au point que la vague migratoire a été stoppée net, elle reflue même de manière spectaculaire.

Près de 37 500 candidats à l’immigration illégale ont déjà repris le chemin du retour – et ça va s’accélérer -, rapatriés manu militari par les forces de l’ordre espagnoles et marocaines. Pour ceux-là le rêve de « l’eldorado européen » a tourné court. Pedro Sanchez a exprimé sa gratitude au Maroc pour cette réaction très prompte, qui n’aura pas permis d’éviter 41 décès durant ces folles traversées.

Après une pression migratoire inédite par son volume dans un temps aussi court, les données du ministère espagnol de l’Intérieur faisaient état ce vendredi 31 juillet à 13h de 25 000 personnes expulsées de l’enclave. L’efficacité du système est telle qu’en une minute 150 illégaux sont reconduits vers leur lieu de départ. Prenant la parole ce vendredi à Ceuta, le chef du gouvernement espagnol a dit ceci : «Je remercie les autorités marocaines pour leur volonté de coopération en matière de rapatriements».

Sanchez a évoqué une communication constante avec Rabat pour organiser les opérations sur le terrain. Certains observateurs avaient émis l’hypothèse que le Maroc a ouvert les vannes et laissé filer les migrants pour manifester son irritation face au partenariat entre l’Espagne et l’Algérie, après la brouille diplomatique (le gaz algérien fait des miracles). D’ailleurs Sanchez était chez le président Abdelmadjid Tebboune le 20 juillet 2026. D’autres avaient théorisé que Rabat fait du chantage migratoire pour s’assurer que Madrid ne reviendra jamais sur la reconnaissance de la souveraineté marocaine au Sahara occidental (Alger l’avait très mal pris).

Toujours est-il que l’urgence était le désengorgement rapide de la ville de Ceuta, la pression migratoire est subitement montée à 70% de la population habituelle. Les autorités marocaines et espagnoles ont identifié la main des mafias de passeurs dans cet flux massif. Sanchez est d’avis que les criminels transfrontaliers ont détourné un arrêt récent de la Cour suprême espagnole sur la reconduite des personnes débarquant par la mer.

Ce nouveau dispositif, qui interdit un rapatriement automatique des clandestins avant l’étude de leurs dossiers, aurait enhardi les réseaux de passeurs et les candidats à l’émigration illégale. Cette fausse promesse s’est «répandue comme une traînée de poudre», leurrant des dizaines de milliers d’individus, a ajouté le Premier ministre espagnol. Ce dernier ne l’avouera jamais, mais il est clair que la régularisation de centaines de milliers de clandestins dernièrement a dopé les candidats marocains.

Dans une moindre mesure une autre tentative d’incursion a eu lieu à Melilla, 130 personnes se sont faufilées, dont beaucoup de mineurs, a confié au journal El País la déléguée Sabrina Moh. Le Maroc et l’Espagne, qui ont de solides liens politico-économiques, ont mobilisé leurs dispositifs sécuritaires et diplomatiques pour éviter que d’autres vagues migratoires percent les barrières et sèment la panique dans la zone.

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: Souleymane Loum
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.