Pour assurer l’aboutissement du chantier de couverture sociale

Des syndicalistes et des professionnels ont plaidé mardi pour un système de santé intégré et efficient de manière à assurer l’aboutissement du chantier de couverture sociale.
Réunis autour d’un débat sur  »les évolutions du système de santé à l’aune des projets de loi en cours d’examen au parlement », à l’initiative du groupe de l’Union Marocaine des Travailleurs du Maroc (UGTM) à la Chambre des conseillers, en coopération avec la Fédération Nationale de la Santé (FNS), les intervenants ont préconisé une amélioration des cinq projets de loi soumis pour examen au parlement, portant sur la création d’une Haute Autorité de la santé, la mise en place de groupements sanitaires territoriaux, les garanties essentielles accordées aux ressources humaines des métiers de la santé, la création de l’Agence Marocaine des Médicaments et des produits de santé, de l’Agence Marocaine du sang et de ses dérivés ainsi que la consécration d’une gouvernance institutionnelle et en matière de gestion.
Dans son intervention, le président de la Chambre des conseillers, également Secrétaire général de l’UGTM, Naama Mayara a estimé que le volet de la couverture médicale dans le chantier de la généralisation de la couverture sociale ne peut être effectif sans une valorisation de l’élément humain, maillon essentiel dans le processus de mise à niveau du système de santé et plus globalement du développement socio-économique, soulignant l’importance de l’accord signé entre le ministère de la santé et de la couverture sociale et les centrales syndicales.
Un accord qui représente, à ses yeux, le prélude d’un dialogue nouveau, réel, productif et sérieux entre les centrales syndicales et le ministère de tutelle, a-t-il dit, avant d’assurer que l’UGTM continuera à militer pour obtenir d’autres acquis.
Il a aussi insisté sur l’importance d’accorder un intérêt prépondérant à la régionalisation avancée dans le domaine de la santé, étant donné qu’elle représente un choix stratégique en faveur du développement socio-économique ainsi que la consécration des principes de la gouvernance et l’efficience du système de santé.
 »Nous sommes dans une phase de transition impliquant pour tous, syndicats, partis politiques, gouvernement et intervenants dans le domaine de la santé, plus de sacrifices et de concessions équilibrées et ce, en vue de parvenir à des consensus favorisant la réalisation de l’objectif souhaité à savoir un système de santé et une couverture sociale intégrée », a-t-il fait remarquer.
Pour sa part, le Directeur général de l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie (ANAM), Khalid Lahlou a indiqué que le cadre législatif constitué de cinq lois essentielles relatives à la protection sociale ainsi que l’assurance maladie obligatoire pour les non-salariés, le Registre social unifié et le Registre national de la population, garantissent un accès équitable à tous aux services de santé.
Tout en plaidant pour une coordination et une mutualisation des efforts entre l’ensemble des intervenants dans le système de santé ainsi que la bonne gouvernance dans la gestion des organismes chargés de la couverture médicale, il a mis l’accent sut la nécessité d’une convergence des régimes de sécurité sociale, l’unification des normes et du cadre juridique pour une couverture sociale basée sur la solidarité entre toutes les couches sociales et les générations, outre un accès rapide, sécurisé et durable aux prestations fournies dans le cadre de la couverture sociale.
Autre intervenant, Abdelhafid Edmino, responsable du département Droit public à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales -Souissi à Rabat, qui a relevé que le système de santé dispose pour la première fois d’un référentiel pérenne à savoir les discours royaux, les recommandations de la Commission du Modèle de développement, deux lois-cadre définissant un calendrier précis ainsi que le programme gouvernemental qui comporte de nombreux engagements.
Toutefois, cet universitaire relève l’existence de certains déficits et défis posés sur le chemin de la réforme du système de la santé, entre autres, la prédominance persistance du traitement sur la prévention, la multiplication des intervenants dans le secteur, plaidant pour la bonne gouvernance et une coordination agissante entre l’ensemble des acteurs dans le domaine de la santé et ce, aux fins d’atteindre les objectifs souhaités.
De con côté, le député Allal Al Amraoui a appelé à la valorisation des ressources humaines dans le domaine de la santé, tout particulièrement sur salarial et ce, en considération de leurs sacrifices et services et aussi pour les prémunir contre toutes les tentations venant de l’étranger.
Pour ce médecin, la réforme du système de santé devrait être aussi axée sur la formation en vue de combler le déficit existant sur le plan du personnel médical et autres ingénieurs et techniciens, soulignant qu’il s’agit d’accorder une grande importance à ce volet pour assurer une meilleure gestion des établissements de santé sur le plan régional, surtout avec la création prochaine de groupements sanitaires territoriaux.
Quant au président de l’Alliance des pharmaciens istiqlaliens (API), Karim Aït Ahmed, il a insisté sur la nécessité de s’intéresser davantage au secteur des médicaments et produits médicaux au vu de sa place prépondérante dans le système de santé ainsi que son rôle dans la réussite du chantier de couverture sociale, estimant que le projet de loi relatif à la création de l’Agence Marocaine des Médicaments et des Produits de Santé comporte certaines carences.
Et d’observer qu’il s’agit de prendre en ligne de compte les problématiques posées sur le plan de l’instauration d’une proximité entre ladite Agence et les citoyens ainsi que les professionnels au niveau régional, outre les autorisations de mise sur le marché des médicaments et autres produits de santé et le renouvellement desdites autorisations.
Il a, à ce propos, préconisé une politique médicamenteuse claire et associant l’ensemble des intervenants dans le secteur, appelant à lutter contre les situations de monopole et à accélérer la procédure d’octroi des autorisations en cas de changement des sites de fabrication des médicaments, outre la promotion des médicaments génériques et la réglementation du secteur des compléments alimentaires et autres produits cosmétiques.
Pour sa part, le juriste Imad Lmrani, de la Direction de la réglementation et du contentieux (DRC) au ministère de la santé et de la couverture sociale, a souligné que l’instauration d’un État social est avant tout un chantier stratégique royal par excellence, notant que le Royaume, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, s’est engagé à redoubler d’efforts pour préserver la santé des citoyens, surtout lors de la flambée de l’épidémie du Covid-19.
Une pandémie qui a levé le voile que les fragilités du système de santé national ainsi que certains dysfonctionnements structurels qu’il s’agit sans plus tarder d’y remédier à l’appui d’une approche participative et une vision politique audacieuse, a-t-il dit, plaidant pour un régime de couverture sociale pour tous. 

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Auteur: M’hammed rahal
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