Le rôle des banques centrales face au changement climatique et à ses effets macroéconomiques en débat dans la capitale politique camerounaise.

À Yaoundé, le Symposium de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), placé sous le haut patronage du Président Paul Biya, a rassemblé ce 27 novembre 2025 gouverneurs, experts et décideurs pour une réflexion stratégique sur un enjeu devenu vital : le rôle des banques centrales face au changement climatique et à ses effets macroéconomiques.

Ouvrant les travaux, le ministre des Finances du Cameroun, Louis Paul Motaze, représentant personnel du Chef de l’État, a rappelé l’urgence d’une mobilisation coordonnée pour répondre à l’accélération des phénomènes extrêmes. Sécheresses récurrentes, inondations, élévation du niveau des mers, perte de biodiversité : « ces perturbations climatiques influencent désormais la sécurité alimentaire, les équilibres macroéconomiques et la stabilité financière », a-t-il averti. Pour le Cameroun, entre l’effritement du lac Tchad au nord et les pressions sur la forêt du bassin du Congo au sud, la vulnérabilité climatique se double d’un enjeu stratégique continental.

Face à ces menaces structurelles, le ministre a insisté sur la nécessité d’intégrer les risques climatiques dans les politiques macroéconomiques et financières. Il a appelé les banques centrales africaines, fortes de leur expertise en stabilité monétaire, à jouer un rôle de premier plan dans l’anticipation, l’orientation et la coordination des réponses nécessaires. « Il est urgent d’innover, de dialoguer et de développer une gouvernance économique capable d’absorber les chocs climatiques », a-t-il affirmé, soulignant la responsabilité collective des institutions financières dans la transition vers une économie plus résiliente et durable.

Prenant la parole à son tour, le Gouverneur de la BEAC et Vice-président de l’ABCA, Yvon Sana Bangui, a rappelé que le changement climatique n’est plus un risque théorique, mais un facteur déjà déterminant dans la fragilisation des économies africaines. « Nos politiques monétaires doivent désormais intégrer les risques climatiques, moderniser les outils d’analyse et encourager la finance verte », a-t-il déclaré. Il a plaidé pour une accélération des investissements durables, un renforcement des cadres prudentiels et une coopération continentale accrue, estimant qu’aucun pays ne peut affronter seul l’ampleur des chocs climatiques et énergétiques.

Le Gouverneur a également souligné l’importance de la modernisation des systèmes de paiement, de la supervision financière et des marchés, indispensables pour attirer des flux d’investissements compatibles avec les objectifs de résilience. « L’Afrique avance lorsqu’elle marche ensemble », a-t-il rappelé, appelant à une action solidaire et intégrée.À travers ce Symposium, les banques centrales africaines affirment leur volonté d’adapter leurs mandats à la nouvelle réalité climatique. L’enjeu : transformer les risques en leviers d’innovation, consolider la stabilité macroéconomique et engager le continent sur la voie d’un développement durable, souverain et inclusif.En clôture de l’ouverture, Louis Paul Motaze a exprimé sa conviction : « Les orientations issues de ce rendez-vous éclaireront nos choix futurs et renforceront la capacité de nos économies à faire face aux défis climatiques ».

Les gouverneurs se réuniront jusqu’au 28 novembre pour formuler des recommandations destinées à renforcer la résilience financière des États africains.

Léon Mgba

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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