La caisse est éclaboussée par des affaires traitées en justice et impliquant des fonctionnaires poursuivis pour fausses déclarations.

Les créances de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNAS) de la wilaya de Khenchela ont atteint un seuil alarmant et leur recouvrement est devenu même vital pour la survie de cet établissement public. Malheureusement, la direction peine toujours à collecter cette manne financière auprès des entreprises publiques et privées, et dont le montant est estimé à 300 milliards de centimes. «La CNAS a perdu presque toutes ses affaires portées devant les tribunaux contre les retardataires ayant omis de payer leurs cotisations annuelles, du fait de l’absence de suivi et la complicité avec les entrepreneurs», affirme une source du syndicat.

A tout cela s’ajoutent encore les affaires de détournement de fonds qui sont devenues le sujet de discussion quotidien des employés et qui ont donné lieu à des enquêtes et des poursuites judiciaires. Ainsi, nous avons appris que le procès de l’affaire des cadres de la CNAS, prévu le 7 mai en cours, a été reporté par la 2e section du tribunal correctionnel.

Il devra se tenir aujourd’hui mardi 28 mai. L’affaire met en cause 14 cadres, dont le directeur de la CNAS, Dif Boubaker, pour des faits remontant à plus de deux ans. Les mis en cause sont poursuivis pour abus d’autorité, destruction de documents publics, fausse déclaration pour l’obtention de certificats délivrés par l’administration publique. Cette affaire implique des employés de l’agence, qui ont bénéficié d’une prime dite salaire unique (femme au foyer), d’une manière illégale profitant du silence complice de l’administration. L’enquête sur ces dépassements a été menée par les services de sécurité, suite à des dépassements enregistrés dans la gestion de cet organisme public.

Sur la liste des personnes impliquées figure un cadre du service informatique à l’agence CNAS, qui a déclaré son épouse comme femme au foyer, alors qu’elle travaille avec lui à la CNAS. Ce qui lui a permis de bénéficier durant des années de la prime de 4000 DA. Après cela, l’enquête s’est élargie après un nouveau signalement déposé,  pour inclure d’autres employés de l’agence qui ont bénéficié eux aussi de cette prime.

Pour rappel, le directeur de l’agence, qui se trouve lui aussi parmi les accusés, a mis en place, le 8 mars 2016, une commission d’assainissement, ayant  pour but de lutter contre la fraude à travers le double emploi et la double déclaration, à la suite d’un premier signalement par des lettres anonymes. Ce qui a mené les services de sécurité à ouvrir une  enquête sur le sujet visant le cadre d’informatique.

Les investigations ont permis de découvrir d’autres personnes impliquées dans cette affaire. Étrangement, le directeur n’a pris aucune mesure contre les auteurs des dépassements. Une autre enquête approfondie est menée actuellement par le parquet de Khenchela à propos de la gestion des œuvres sociales de la CNAS. Confiée à la gendarmerie, elle vise à faire la lumière sur des zones d’ombre dans la gestion des fonds des œuvres sociales de cet établissement déstabilisé par l’anarchie qui y règne. Cette mesure fait suite à une plainte déposée par un employé de la Cnas, qui a été membre observateur dans la commission gérée par les représentants syndicaux de l’UGTA.

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Auteur: Anis Khecheba
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