La culture de l’assurance dans le monde agricole reste encore absente. L’agriculteur n’accorde point d’importance à cet aspect essentiel qui encadre cette activité. Un aspect qui peut lui venir en aide et lui permettre par la même de récupérer ses pertes sans pour autant se retrouver, pour ainsi dire, «sur la paille». Un point crucial relevé par le directeur général de la Caisse nationale de la mutualité agricole (CNMA), Cherif Benhabylès qui n’a pas manqué de mettre en avant l’importance de l’ancrage d’une culture de l’assurance chez les agriculteurs. Selon lui, prendre une assurance n’est jamais négatif, bien au contraire ! Ce dernier, expliquera le DG de la CNMA, doit connaître dans les moindres détails les bienfaits de l’assurance sur son activité. Lors de la signature d’une convention d’assurance au profit d’une unité de production d’œufs (Ovozaccar) relevant du secteur privé à Ain-Defla, M. Benhabylès a souligné que «l’assurance dans le monde agricole est d’autant plus importante que le secteur est exposé à des pertes imprévisibles», invitant la Chambre, la Direction et l’Union locales de l’agriculture à coordonner leurs efforts pour atteindre cet objectif et généraliser la culture de l’assurance dans les rangs des fellahine. Pour le responsable, «l’assurance dans le secteur de l’Agriculture contribuera à offrir un climat favorable à l’investissement agricole et à renforcer la confiance entre l’agriculteur et la Caisse».
Il dira également que la caisse joue un rôle primordial dans l’accompagnement des agriculteurs. Le patron de CNMA saisira l’occasion pour préciser à l’assistance que «l’Etat a déboursé plus de 8 milliards de dinars en dédommagement des agriculteurs dont les superficies ont été détruites par des calamités naturelles durant l’année 2018». Faisant remarquer que les agriculteurs touchés par les intempéries ont été indemnisés à hauteur des pertes qui leur ont été occasionnées, il a soutenu que la crédibilité de son organisme résidait dans sa célérité à répondre aux sollicitations exprimées. Il rappellera cependant que l’année dernière, «le dédommagement pour cause de sinistre en milieu agricole a, notamment concerné les agriculteurs dans l’Est et l’Ouest du pays ». Il a également indiqué que tous les agriculteurs et éleveurs, dont le cheptel a été affecté par la peste des petits ruminants (PPR) et la fièvre aphteuse, ont été indemnisés pour une valeur atteignant les 20 millions depuis le début de l’année en cours. La valeur des indemnisations accordées démontre que «plusieurs agriculteurs et éleveurs réfutent encore l’idée de prendre une assurance» et ce en dépit, a-t-il soutenu, «des avantages assurées par la CNMA». Selon le responsable, les agriculteurs affiliés à d’autres filières du secteur agricole ont adhéré en 2018 au processus d’assurance comparativement aux années précédentes avec un taux avoisinant les 27% du nombre global des agriculteurs à travers le pays et qui dépasse 1,900 million d’agriculteurs.
Pour sa part, le directeur général de l’entreprise privée Ovozaccar, Tayeb Hattou, signataire de l’accord avec la CNMA, celui-ci a fait savoir que la production de son entreprise atteindra les 500.000 œufs/jour d’ici une année. Un chiffre qui sera doublé ou triplé en l’espace de deux à trois ans, estimant que l’activité de l’entreprise se répercutera positivement sur la dynamique économique de la région. «Actuellement, nous employons plus de 100 personnes, un nombre appelé à augmenter au fur et à mesure que l’entreprise évolue», a-t-il assuré se félicitant des conditions de travail au sein de l’entreprise. Se disant «persuadé» que Ovozaccar aura un grand impact régional d’ici quelques années, le directeur de la Chambre d’agriculture de Aïn Defla, Hadj Djaâlali a, pour sa part, estimé qu’une fois la vitesse de croisière de l’entreprise atteinte, Aïn Defla se hissera au rang des premières wilayas productrices d’œufs à l’échelle nationale. «Avec l’entrée en service de cette entreprise, il ne fait pas de doute que d’ici quelques années, la wilaya de Aïn Defla devrait occuper les premières places à l’échelle nationale en matière de production d’œufs avec une production de plus de 1 milliard d’unités par an, soit 10 à 12 % de la production nationale en la matière», a-t-il prédit.
Mohamed Mendaci
Auteur: elmoudjahid
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