Plus de trois ans après la signature de l’accord du 30 avril 2022 entre le gouvernement et les centrales syndicales, l’engagement relatif à la revalorisation des allocations familiales pour les enfants à partir du quatrième vient d’être concrétisé.

Le conseil de gouvernement a adopté, le 23 octobre 2025, un décret alignant les salariés du secteur privé sur les fonctionnaires en matière d’allocations familiales, avec une revalorisation à 100 dirhams par mois pour les quatrième, cinquième et sixième enfants, applicable rétroactivement au 1er janvier 2023 (Ph. L’Economiste)

Le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi 23 octobre 2025, le projet de décret n° 2.23.715, fixant le montant des allocations familiales accordées par la CNSS. Celui-ci aligne les salariés du secteur privé sur les fonctionnaires du secteur public en matière de soutien familial. Le texte a été présenté par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah. Il porte à 100 dirhams par mois l’allocation pour chaque enfant à partir du quatrième jusqu’au sixième, une mesure symbolique mais porteuse d’un fort signal d’équité sociale.

■ Plus de 136.000 familles directement impactées
Cette réforme bénéficiera à 136.745 familles, couvrant 165.249 enfants assurés en 2024, selon les chiffres communiqués par le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas. Ces ménages, souvent confrontés à des contraintes budgétaires accrues en raison de leur nombre, verront leur pouvoir d’achat renforcé de manière immédiate et rétroactive. En effet, la mesure s’appliquera à compter du 1er janvier 2023, date à laquelle les fonctionnaires du secteur public avaient déjà commencé à percevoir cette allocation majorée.

■ Un coût modeste, un impact social fort
Le coût de cette mesure est estimé à 122 millions de dirhams en 2025, soit 1% du budget total consacré aux allocations familiales cette année. L’objectif est de renforcer le pouvoir d’achat des salariés du secteur privé. Un investissement ciblé, qui s’inscrit dans une logique de protection sociale inclusive et de soutien aux classes moyennes et populaires. Dans un contexte où l’inflation reste maîtrisée (+0,4% en septembre 2025, selon la DEPF) mais où les coûts liés à l’éducation, à la santé et à l’alimentation des enfants pèsent lourdement sur les budgets familiaux, cette allocation supplémentaire constitue un filet de sécurité.

■ Généralisation de l’AMO: Plus de 32 millions de bénéficiaires

Pour rappel, la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) a permis, en 2025, de couvrir plus de 32 millions de bénéficiaires. Soit 88% de la population, contre seulement 42% avant la généralisation, ressort-il de la note de présentation du projet de loi de finances (PLF) de 2026. D’après cette note publiée sur le site du ministère de l’Économie et des Finances, le régime «AMO-Tadamon» couvre actuellement près de 11 millions de bénéficiaires. A ce titre, l’Etat a versé à la CNSS un montant de 25,51 milliards de DH au titre de la cotisation due, dont 0,67 milliards de DH au titre du mois de décembre 2022, 8,14 milliards de DH au titre de l’année 2023, 9,17 milliards de DH pour l’année 2024 et 7,53 milliards de DH au titre des trois premiers trimestres de l’année 2025. De plus, le montant du ticket modérateur pris en charge par l’Etat pour les prestations prodiguées dans les structures publiques de soins, s’est élevé à 1,25 milliards de DH. Et ce, pour la période allant de février 2023 à avril 2025.


■ Régime «AMO-TNS»

Pour ce qui est du régime «AMO-TNS» (travailleurs non salariés), il compte environ 4 millions de bénéficiaires, tandis que 313.000 personnes sont immatriculées au titre du régime «AMO-Achamil». Ce dernier reste un régime facultatif, qui offre la possibilité d’étendre la couverture médicale au reste de la population non encore couverte. Dans le cadre de la poursuite des mesures visant à concilier le renforcement de l’effectivité de l’AMO et la préservation de ses équilibres financiers, l’année 2025 a été marquée par la publication, en février dernier, de la loi n° 02-24 modifiant et complétant le dahir portant loi n° 1-72-184 relatif au régime de sécurité sociale. Il s’agit aussi de l’achèvement de la préparation du projet de loi n° 54-23 modifiant et complétant la loi n° 65-00 portant code de la couverture médicale de base. Outre le lancement et la réalisation des études visant le renforcement de l’adhésion à l’AMO et la préservation des équilibres financiers de ses régimes.

F.Z.T.

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Auteur: Fatim-Zahra TOHRY
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