« L’Oriental à l’heure du développement territorial inclusif et intégré : Rôle des ingénieurs et des vétérinaires dans les politiques et programmes agricoles et de développement rural », est le thème d’un colloque organisé, vendredi à l’Agropole de Berkane, par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.

Ce colloque, présidé par le Secrétaire général du ministère, Mohamed Sadiki, a servi d’espace d’information et d’échange autour du rôle clé des cadres dans la mise en œuvre des stratégies de développement agricole et rural au niveau national en général, et de la région de l’Oriental en particulier.

Cette rencontre, selon ses initiateurs, se veut un espace d’échange et de débats entre responsables du ministère et cadres supérieurs (ingénieurs tous horizons : agronomes toutes spécialités et profils, géomètres-topographes, forestiers et médecins vétérinaires) autour du développement territorial intégré de la région de l’Oriental.

« La valeur de cette rencontre est de voir ici rassemblés, les cadres supérieurs de la région, de profils aussi diversifiés mais tant complémentaires, pour la majorité lauréats du système de formation supérieur agricole (IAV- ENA-ENFI), reflétant cette synergie essentielle entre les métiers de l’Agriculture qui font le pilier du développement territorial, agricole et rural de notre pays », a dit M. Sadiki lors de la séance inaugurale du colloque.

Soulignant que la région de l’Oriental recèle d’importantes potentialités de croissance et de richesses qu’il faut impérativement valoriser au mieux, il a affirmé que, comme pour les autres régions, le secteur agricole demeure le premier employeur et joue un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté en milieu rural, la sécurité alimentaire et la préservation des écosystèmes, de leurs ressources naturelles et de leur biodiversité.

Et de rappeler que sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, il a été procédé en 2008 au lancement de la stratégie Plan Maroc Vert (PMV), une stratégie intégrée, multidimensionnelle et de long-terme qui a le mérite d’avoir repositionné l’agriculture au cœur du développement du Maroc.

Mettant l’accent sur les résultats de l’évaluation du PMV après 10 ans de mise en œuvre, qui montrent que l’agriculture marocaine a résolument emprunté un chemin de développement irréversible, il a noté que « de l’assistanat à l’entreprenariat, le Plan Maroc Vert s’est imposé en une marche irréversible vers le progrès socio-économique de nos agriculteurs ».

Pour la région de l’Oriental, a-t-il poursuivi, le Plan agricole régional (PRA), qui est une déclinaison régionale du PMV, a construit une vision et une offre agricole régionalisées, estimant que cette feuille de route, exprimée en projets avec des objectifs quantifiés, permet à la région de lever progressivement les contraintes qui freinent le développement des filières de production, en renforçant les principaux atouts agricoles de la région et en palliant ses faiblesses.

Le PMV qui assure 17% du PIB régional tire à sa fin avec des résultats exceptionnels ayant transformé le paysage agricole, a encore ajouté M. Sadiki, tout en faisant savoir que de nouveau challenges apparaissent, surtout que ce secteur se trouve chaque jour face à des enjeux nouveaux pour la prise en compte de toutes les transitions auxquelles le monde agricole est confronté, à savoir les transitions liées à la bio-économie, aux économies circulaires, aux nouveaux modes alimentaires et à l’évolution digitale et au numérique.

Il a dans ce sens mis en exergue l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour conforter la dynamique de progrès imprimé par le PMV et ce, en consolidant ses résultats et en capitalisant ses acquis, relevant aussi que les ingénieurs agronomes, forestiers, topographes et médecins vétérinaires, tant du secteur public que privé, chacun dans ses missions et responsabilités, sont amenés à s’adapter aux évolutions enregistrées et à agir d’une manière proactive pour répondre à des besoins en évolution perpétuelle.

M. Sadiki a indiqué à cet effet que le Département de l’Agriculture a orienté la réforme du système de formation, de recherche-innovation et de conseil agricole pour sa modernisation, comme levier vital de développement technologique du secteur.

Le colloque a été marqué par une série d’interventions et de débats axés, entres autres, sur « L’agriculture, secteur d’avenir, d’emploi des cadres et de développement social et économique de la région », « la régionalisation avancée, enjeux et défis d’intégration », « le rôle du médecin vétérinaire et de l’ingénieur agronome dans le développement socioéconomique », « la région de l’Oriental : expériences et problématiques de développement agricole et rural » et « la formation agricole, un écosystème au cœur des transitions d’avenir ».

La rencontre a débouché sur une panoplie de recommandations formulées notamment par l’Ordre national des vétérinaires et les ingénieurs du secteur agricole, dans lesquelles ils ont jugé important de renforcer les liens avec les autres professions pour favoriser davantage le développement socioéconomique de la région, de multiplier les actions sociales et de préparer un guide sur les potentialités de la région.

L’accent a été mis aussi sur la formation continue au profit des ingénieurs sur les nouvelles technologies, afin qu’ils soient en phase avec les mutations que connait le secteur agricole, sur la tenue de rencontres annuelles pour évaluer les activités menées et pour échanger et capitaliser sur les expériences des uns et des autres, ainsi que sur la relation entre le système de formation et les stratégie sectorielles du ministère.

Auteur: Soufiane ELAHMAR
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