La France a fini, devant l’insistance ininterrompue des Algériens, par restituer les crânes de ces résistants exposés et entreposés au Musée d’histoire naturelle de Paris, dans l’aile « ethnique », depuis plus de 170 ans !

Un sentiment de fierté a submergé hier l’ Algérie à l’atterrissage de l’aéronef de l’Armée nationale populaire qui transportait les restes de Chérif Boubaghla (mort en 1854), de Cheikh Bouziane des Zaâtchas (mort en 1849) et des autres résistants et chefs de guerre qui ont mené la vie dure à la puissance coloniale dès son débarquement sur notre terre. Une première étape est franchie. Après l’inhumation de ces chouhada, le travail de la mémoire s’axera essentiellement sur les générations montantes, celles pour qui ces noms ne constituent que quelques frêles cours d’histoire succinctement appris à l’école. Les Algériens vont, par le biais des médias, des conférenciers et des historiens, mieux connaître les hauts faits d’armes des ancêtres qui, face à une armée invasive des plus puissantes alors, ont harnaché leurs chevaux et bourré leurs fusils pour mettre en déroute pendant des décennies l’armée française décidée à exterminer tout un peuple. Et cette histoire est longue et truffée de grandes batailles et de victoire écrasantes. Devant cette intraitable résistance, le colonisateur a déployé tous ces moyens de guerre (soutenu par plusieurs autres puissances occidentales) avec une grande hargne et un mépris total du peuple. S’en suivirent exactions, enfumades, déportations… L’option d’extermination pure et simple était clairement affichée (comme le rapportaient les officiers-scribes eux-mêmes). Vingt-quatre martyrs sont revenus, hier, rappeler à tous les Algériens, jeunes ou moins jeunes, que cette patrie a enfanté des héros tout au long de sa longue histoire. Et pas des moindres durant les nombreuses révoltes : l’Emir Abdelkader Ibn Mahieddine, Lalla Fatma N’Soumer, Boumaza, El Mokrani, Cheikh El-Haddad, les Ouled Sidi Cheikh, Nacer Ben Chohra, Bouchoucha et tant d’autres.

Que les générations futures en prennent de la graine, qu’ils sachent que l’indépendance fêtée demain n’a été que l’aboutissent d’une très longue et dure guerre, et que les aigris et autres nostalgiques s’acharnent inlassablement à dénaturer ou fausser la réalité des faits. L’Algérie est grande et le sera davantage avec le retour de ces géants qui ont fait tressaillir l’envahisseur même après leur mort. Gloire à nos martyrs !

Kamel Morsli 

Auteur: elmoudjahid
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