Peut-on être jeune, diplômé ou non, marcher chaque vendredi, voire chaque mardi depuis un certain 22 février et ne pas aimer
son pays ? À l’évidence, cela ne se peut quand on reste admiratif devant le degré d’intelligence, de maturité citoyenne, d’organisation et de pacifisme, pour tout dire de patriotisme qui caractérise les marches rythmant désormais chaque fin de semaine dans une grande débauche de couleurs, de sons, sur fond de banderoles et de pancartes appelant au changement radical du système politique.
C’est cela l’Algérie, l’Algérie profonde, l’Algérie des jeunes et des vieux, des étudiants et des illettrés, l’Algérie des classes moyennes et des pauvres, tournée vers l’avenir, lasse de la prédation féroce et de la dilapidation des richesses du pays et des deniers publics, de l’iniquité, des abus de toutes sortes, lasse de ces partis lilliputiens sans audience et qui sortent tels les escargots après la pluie, incapables de remplir un café, lasse des sempiternelles rengaines de certains moudjahidine ou prétendant tels, ressassant la chance qu’ils ont d’étudier grâce à eux, eux qui ont mangé de l’herbe dans les maquis. Qui a dit que les jeunes n’aiment pas leur pays et n’attendent qu’un visa pour gagner d’autres rivages pas toujours hospitaliers ? Ils veulent pourtant juste pouvoir étudier et vivre dans une Algérie moderne, unie, apporter leur contribution et, comme la jeunesse du 5 Juillet 1962 qui a constitué la génération d’après-l’indépendance, ils ont avec elle un dénominateur commun qui s’appelle patriotisme. Et quel magnifique exemple que l’immense élan de fierté exprimé lors de la victoire de l’équipe nationale au Caire. Si l’Algérie possède d’immenses richesses en hydrocarbure et en minerai divers qui s’épuiseront un jour, elle possède aussi un gisement inépuisable de ressources au sein de cette jeunesse bouillonnante qui ne demande qu’à être mise en valeur et à s’inscrire dans la modernité pour répondre aux nouvelles exigences du développement. Elle demande pour cela qu’on lui fasse confiance et qu’on lui donne les moyens de prouver sa capacité à jouer son rôle légitime, dans un environnement assaini de la gangrène prédatrice et de l’esprit de rapine avec des gouvernants compétents, soucieux de préserver les précieuses richesses du pays, et de leur laisser en héritage une société de renouveau basée sur le respect des valeurs humaines et l’équité sociale.
K. O.
Auteur: elmoudjahid
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