Au-delà de la motivation politique des manifestations que connaît actuellement le pays, ce mouvement pacifique mené par des jeunes, essentiellement des universitaires, exprime beaucoup plus une exaspération par rapport à la situation économique et sociale du pays. Il n’est un secret pour personne, le pays demeure confronté à des difficultés financières, en sus d’être fragilisé par la baisse de ses réserves de changes depuis le desserrement des cours de pétrole entamé au second semestre de 2014. L’économie où le pétrole représente un quart du produit intérieur brut (PIB), 98% des recettes en devises  et plus de 95% des exportations globales, reste très dépendante de cette ressource dont les revenus ont drastiquement chuté durant ces dernières années. Une conséquence de la baisse de la production pétrolière du pays, qui de surcroît, devra faire face à sa propre demande interne du fait d’une forte croissance de la consommation. Aujourd’hui, admettent les experts, les véritables défis se posent en matière de planification économique car l’absence de gouvernance à ce niveau, soulignent-ils, ne fera que favoriser les lenteurs, voire les blocages dans la mise en œuvre des réformes structurelles telles que prévues dans l’agenda du gouvernement. Une situation qui profite aussi à l’informel, décourage les investisseurs et maintient l’Algérie dans le statut de pays rentier et importateur. Un climat qui, en outre, n’est pas fait pour soutenir la lutte contre la corruption ou encore les transferts illicites de capitaux au détriment de l’économie. Il va sans dire que notre pays fait face actuellement à des enjeux politiques, mais la dynamique populaire exprime aussi un contenu économique. Par conséquent, il y a lieu de jeter des ponts entre gouvernance politique, efficience économique, et cohésion sociale. Et c’est seulement à ces conditions que l’on pourra rétablir les liens de confiance entre l’Etat et le citoyen. Il ne suffit plus d’élaborer des projections mais concevoir un modèle de gouvernance pour une vision qui soit compatible avec la réalité et les objectifs économiques du pays mais aussi avec les aspirations du peuple. Une entreprise qui, du reste, demeure tributaire de l’efficacité et de la transparence des institutions chargées de veiller à la mise en place de cette transition.
D. Akila

Auteur: elmoudjahid
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