L’ouverture par le Parquet général près la Cour d’Alger d’enquêtes préliminaires pour des faits de corruption et de transfert illicite de capitaux vers l’étranger vient de relancer la question fondamentale de l’indépendance de la justice. Une revendication légitime exprimée par le syndicat des magistrats,  tout au long de ces dernières années, mais qui, aujourd’hui, s’impose avec plus d’insistance au regard des évènements que traverse le pays et de la particularité de la conjoncture politique. Une transition qui n’aura pas de sens si elle n’est pas projetée dans un processus d’édification de l’Etat de droit, et par conséquent, dans la perspective d’une justice libre dans ses décisions et indépendante dans sa fonction. Une entreprise qui renvoie à son tour à un autre aspect capital, celui de la séparation des pouvoirs. S’il est vrai que des réformes ont été initiées  dans cette direction, force est d’admettre que leur effet n’a pas touché le fond, tant l’autorité judiciaire ne s’est pas affranchie de sa fonction d’institution subordonnée au Pouvoir exécutif, et que les limites entre les pouvoirs ne sont pas clairement et effectivement  établies. En clair, l’indépendance du système judiciaire, et par conséquent, sa mise à l’abri de toutes pressions, quelles que soient leur nature et leur origine, ne peut s’opérer que si la volonté politique est réelle et sérieusement engagée dans cet objectif qui consiste à asseoir les fondements d’une justice impartiale, objective, loyale et surtout intègre. En fait, il est essentiel que le Pouvoir judiciaire soit pleinement et légalement consacré, dans les faits, pour que la justice soit en mesure de disposer de
« ses droits » dans l’exercice de ses missions dans des conditions normales, et soit également libérée des facteurs et influences qui interfèrent dans les prises de décisions et entravent, en définitive, son impartialité et son indépendance, dans un engrenage où les missions et interférences se confondent. Le chemin est encore long, car l’institution d’un système judiciaire indépendant ne se limite pas à de simples procédures ou à un mode d’emploi, tant il s’agit d’une culture, d’un état d’esprit,  d’une éthique et, beaucoup plus, de conviction.
D. Akila

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.