«Nous sommes tombés sur plus forts que nous», a avoué récemment le ballon d’or Africain et star de Liverpool FC et des Lions de la Teranga, Sadio Mané, dans une déclaration aux médias. En effet, le 19 juillet 2019, l’Algérie a marqué l’histoire en remportant la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations sur les terres des Pharaons. Les coéquipiers du capitaine Mahrez ont accroché une seconde étoile sur leur maillot, en s’imposant non sans grande difficulté, en finale face au Sénégal (1-0). Un redoutable adversaire, grand favori de la compétition, que les Verts avaient déjà battu en phase de poules par le même score étriqué.
L’Algérie s’est imposée à l’issue d’un tournoi qui a regroupé pour la première fois 24 nations. «La meilleure équipe a remporté le trophée, en toute logique», avait alors souligné l’ancien sélectionneur de l’Egypte, Hassan Chahata, à l’issue de la finale. En effet, le Onze algérien a dominé la compétition de bout en bout, avec en prime les titres de meilleurs joueurs du tournoi, meilleure défense et meilleure attaque. Seuls les Éléphants Ivoiriens ont, plus ou moins, tenu tête, en quarts de finale, aux Verts (1-1), avant de s’incliner lors de la séance de tirs au but. Sinon, l’EN a balayé tous ses adversaires en Egypte.
Pourtant, rien ne laissait présager un aussi beau parcours, pour une nation qui a vécu une longue traversée du désert. Arrivés sur la pointe des pieds au Caire, les protégés de Belmadi ont su forcer le respect et capter toutes les attentions au fil du tournoi, entamé par une belle victoire face au Kenya (2-0). Avec un jeu porté sur l’offensif, une efficacité remarquable devant la cage, une bonne assise défensive et des lignes assez bien équilibrées, la sélection nationale a laissé une très bonne impression à chacune de ses prestations. Lors de la dernière rencontre de la première phase, le coach algérien a envoyé un message fort quant à ses véritables intentions, en alignant une équipe bis aussi redoutable que le Onze type l.
En écrasant la Tanzanie par un score sans appel, les camarades du virevoltant Ounas terminent à la tête du groupe «B» avec neuf points. Les Fennecs surclassent par la suite la Guinée en huitième de finale (3-0), avant de prendre le dessus sur la Côte d’Ivoire en quarts, le Nigéria en demi-finale (2-1) et enfin le Sénégal. En remportant brillamment ce prestigieux sacre, l’EN est ainsi sortie de l’ombre.
Auteur d’une prestation de haut niveau à l’occasion de la Coupe du monde 2014 au Brésil, difficilement éliminée en huitièmes de finale par la Mannschaft, future champion du monde, la sélection algérienne est vite redescendue de son nuage. En effet, les camarades de Brahimi, qui ont connu une longue période d’instabilité à tous les niveaux, ont eu beaucoup de problèmes pour garder les pieds sur terre après le départ du techniciens franco-bosnien, Halilhodzic. C’était le début du déclin.
Sous la houlette de Gourcuff, l’EN est écartée en quarts de finale de la CAN 2015 par la Côte d’Ivoire, futur champion. L’entraîneur français cède sa place alors au Serbe Rajevac pour l’entame des éliminatoires du Mondial russe. Il est viré dès la première sortie face au Cameroun à Blida (1-1). Le Belge, Leekens, revient aux commandes, quinze ans après avoir quitté la sélection nationale.
Il rend son tablier après une décevante CAN-2017 où l’EN n’a pas réussi à passer la phase des groupes. Ses successeurs, l’Espagnol Alcaraz et l’Algérien Madjer ne feront pas mieux. Malgré la présence de valeurs sûres et de joueurs talentueux dans l’équipe, ils ne parviendront pas à redresser la barre. Face à cette situation, pour le moins désastreuse, la FAF répond à l’appel du peuple et confie le destin de la sélection nationale à Belmadi.
Connaissant parfaitement la maison, l’ancien capitaine de l’EN a pu relancer la machine en l’espace de quelques mois seulement, en s’attaquant directement aux véritables problèmes. Il commence par faire le ménage en remerciant les «mauvais» capés de ses prédécesseurs, en faisant appel à des joueurs répondant à sa philosophie du jeu. Il instaure une discipline et un code d’honneur, en écartant certains trouble-fête. Il rétablit ensuite la confiance et impose son style de jeu. Les joueurs, libérés, ont retrouvé la motivation et la joie de jouer. A la veille du rendez-vous égyptien, le sélectionneur national annonce qu’il participe à la CAN avec l’ambition de remporter le trophée.
Personne n’y croyait. Pourtant, il tient sa promesse et conduit ses poulains au sacre. En 2019, l’Algérie n’a pas perdu le moindre match. Avec le coach Belmadi la sélection nationale bat son record d’invincibilité avec 17 rencontres. Seul l’Allemagne en 2014 a fait mieux avec 20 matchs sans défaite. L’entraineur algérien, très optimiste, ambitionne de remporter le Mondial au Qatar où il a débuté sa carrière d’entraineur. La hargne de Belamdi qu’il a su transmettre à ses poulains fera-t-elle encore une fois la différence ?
Rédha M.
Auteur: elmoudjahid
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