Les manifestations d’hier à Alger et dans quelques villes de l’intérieur se sont déroulées globalement dans le calme, et les forces de l’ordre fortement déployées se sont contentées d’encadrer les marcheurs et à n’intervenir que lorsqu’il s’est agi de contenir les personnes qui voulaient se diriger vers la présidence de la République.
 Quelle leçon retenir de cette démonstration de force de la part de manifestants ayant obéi à des appels anonymes sur les réseaux sociaux ? Investir la rue, dans de telles circonstances, n’est nullement innocent, et encore moins justifié. Se servir de ce phénomène pernicieux que sont les réseaux sociaux n’est rien d’autre qu’une fuite en avant et une situation excessive dans laquelle une partie de l’opposition s’est engagée, avec des calculs politiciens d’une grande clarté. Oui, si, à l’évidence, les formations de l’opposition, qui venaient de se réunir pour dégager une candidature unique, ont lamentablement échoué, elles ont trouvé, avec d’autres, comme manœuvre, grossière et dangereuse, afin de surmonter leurs divisions, le rejet du «cinquième mandat». En d’autres termes, incapables de proposer une alternative commune et crédible au peuple, elles s’attaquent de manière sournoise au candidat soutenu par la majorité et bénéficiant, par son parcours, son programme, ses convictions et ses réalisations, d’un soutien populaire inégalé. Jusque-là, les partisans du candidat de la continuité ont su garder la tête froide et l’esprit serein, et ne veulent pas s’engager dans des sentiers sinueux qui peuvent mener à une confrontation stérile et aux conséquences graves pour la sécurité et la stabilité. À l’évidence, le choix de la rue pour influer sur les urnes est un procédé totalitaire, même si certains tentent de le justifier en lui concédant un attribut démocratique, avec une série de conditions qui ne sont pourtant pas réunies, comme l’identification des animateurs et des encadreurs, par exemple. On peut spéculer sur les auteurs des appels anonymes, et en déduire, selon l’agenda de chacun, le vendredi, pour les uns, et le dimanche, pour les autres (jours symboliques), qu’ils appartiennent à des mouvements idéologiques opposés, mais en fait les extrêmes se rejoignent et partagent le même rêve, celui d’entraîner le pays dans le chaos. Évidemment, une telle logique, celle du rapport de force au lieu de la pluralité des candidats et la libre confrontation des programmes, n’a rien de démocratique, et s’inscrit dans le registre de la manipulation de l’opinion et des foules, et, bien entendu, une dérive dont les auteurs doivent assumer la responsabilité. Car, pour la société, la rue ne saurait remplacer les urnes, et l’heure n’est pas à la division ou à la manipulation, mais à l’unité et au débat serein. Et que les agitateurs, aventuriers, revanchards ou nostalgiques, anonymes ou non, toujours sans scrupule, à l’ambition démesurée, et dont la cupidité n’a point de limite, ne vont pas résister à la décantation qui s’opère, celle d’une prise de conscience générale, placer l’Algérie au-dessus de tout et ne jamais renoncer aux acquis de la paix et de la démocratie.                      

Cherif Jalil

Auteur: elmoudjahid
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