L’Algérie est arrivée à la croisée des chemins pour l’avenir des générations actuelles et celui des générations à venir. Aujourd’hui, plus que jamais, le contexte économique est différent de celui des décennies passées en raison, entre autres facteurs, de la baisse – qui semble partie pour longtemps – des prix du pétrole. Cette crise est révélatrice d’un modèle économique totalement obsolète basé sur la rente et la dépense budgétaire, le tissu productif national n’a donc pas pu porter l’émergence d’un véritable développement, créateur de richesse et d’emploi et en mesure de se placer avec ambition sur le créneau de l’exportation hors hydrocarbures, une chimère ressortie à toutes les sauces par les gouvernants précédents. Ce modèle de développement, faisant la part belle au secteur public dominateur, fortement mis à mal par la propension prédatrice d’un régime népotique fondé sur la corruption et la flagornerie, ne donnant une chance qu’aux seuls acteurs économiques proches du pouvoir, s’est retrouvé complètement sclérosé par le mélange de la politique et de l’argent. Cette alchimie sulfureuse a produit les effets pervers que nous connaissons trop bien, donnant l’impression d’un pays qui fonctionne à l’envers. En effet, en dépit de ressources naturelles abondantes et diversifiées, de compétences humaines qualifiées, d’élites reconnues – quant elles ne sont pas attirées par les sirènes étrangères – d’une jeunesse diplômée, le pays n’a jamais vraiment décollé et ce malgré les affirmations pontifiantes, toute honte bue, des gouvernants du moment, retardant d’autant son inscription dans le processus inexorable de la mondialisation et réduisant l’attractivité du pays au regard des investisseurs et des milieux d’affaires étrangers.
Dans ce sens, le mouvement populaire pacifique du 22 février a eu un effet radical en faisant voler en éclats l’édifice de l’ancien régime — dans l’objectif de déconstruire un système politique déconnecté des réalités de la société, évoluant sur le seul paradigme de la prédation — et de construire des institutions politiques démocratiques et un système économique performant, loin du seul financement rentier et qui donne sa chance à tous les acteurs et non plus aux seuls flagorneurs de tout poil qui grenouillent dans le marigot politique.
L’émergence du mouvement populaire devrait sonner le glas d’un modèle économique et politique qui a largement montré ses limites et s’est révélé contre-productif pour répondre aux aspirations des citoyens.
Le mouvement dit du ‘‘Hirak’’ porte véritablement les prémices d’un changement fécond et d’une stratégie de sortie de crise qui devrait se faire en synergie avec les compétences nationales qui ne demandent qu’à s’exprimer pour contribuer à la relance économique. Il est donc grand temps que le mouvement fasse émerger les courants d’énergie qui parcourent le corps social en vue de constituer une véritable force représentative. Le temps presse et nous devons sortir au plus vite de la crise en faisant en sorte d’aboutir dans les meilleurs délais à une élection présidentielle qui puisse permettre de prendre des décisions fortes en menant avec détermination les nécessaires réformes structurelles pour conduire le pays sur le chemin de la modernité.
K. O.
Auteur: elmoudjahid
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