La contrefaçon est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur. La lutte contre ce fléau parasitaire qui porte préjudice à l’économie nationale, a de tout temps constitué une priorité pour les pouvoirs publics à travers un dispositif législatif et réglementaire appliqué avec vigueur sur le terrain. Des quantités considérables de produits contrefaits destinées à inonder le marché sont régulièrement saisies par les services des Douanes, qui font barrage aux produits contrefaits. Toutefois, et pour une plus grande efficacité dans cette guerre contre la contrefaçon nécessite et appelle à la mobilisation de tous les acteurs et associations professionnelles qui interviennent dans la sphère économique et principalement ceux qui activent dans le secteur du commerce. Cet aspect a d’ailleurs été évoqué avec insistance par les différents intervenants lors de la cinquième édition du colloque organisé récemment par le World trade center Algiers (WTA) en collaboration avec le ministère du Commerce et les Douanes algériennes, rencontre qui a permis de traiter de cette question, largement débattue par des participants. Les chiffres donnés sont révélateurs et renseignent amplement sur les proportions alarmantes atteintes par la contrefaçon qui menace à la fois l’économie nationale mais surtout la santé des consommateurs. Les pouvoirs publics ont engagé, depuis des années, un combat contre ce phénomène à travers un contrôle accru et stricte des marchandises qui rentrent au pays. Beaucoup de mesures, tel que le durcissement de la législation, ont permis un tant soit peu d’endiguer ce fléau et surtout protéger le consommateur. La méconnaissance des dangers de la contrefaçon par les consommateurs, attirés essentiellement par les prix sensiblement bas est aspect qui rend la lutte contre ce phénomène difficile. Cela dit, le citoyen commence à prendre conscience des dégâts auxquels il est exposé. Une prise de conscience salutaire qui va accompagner les efforts déployés par les différents services, concernés. Sensibilisé et convaincu, le citoyen pourrait jouer un rôle important et central dans ce combat. Il est vrai que jusqu’à présent les actions menées commencent à donner des fruits, mais il est important de signaler que beaucoup reste à faire et le chemin reste long, nécessitant l’implication active de tous et notamment les associations professionnelles qui activent dans le domaine, sans oublier le rôle des médias. Sans cette coordination, les résultats resteront en deçà des espérances et des objectifs tracés. La lutte sur le terrain par l’application stricte et sévère des dispositions de la loi doit impérativement être accompagnée par une large campagne de sensibilisation en direction des consommateurs mais aussi et surtout des opérateurs économiques pour les alerter et leur expliquer les dangers et dégâts causés par la contrefaçon. Cette action doit être menée dans le cadre d’une campagne nationale avec la participation de toutes les parties qui activent dans le champ économique et commercial. Le mouvement associatif est intermédiaire entre les pouvoirs publics et les citoyens consommateurs, doit s’impliquer et s’engager davantage pour jouer un rôle pivot pour faire échec à ceux qui s’adonnent aux pratiques de la contrefaçon et le marché informel, terrain propice qui permet à ce fléau de prospérer et s’agrandir. L’échange d’informations, la sensibilisation et le signalement des fraudeurs constituent à coup sûr une contribution active qui aidera les services concernés à traquer et à mener des actions réussies sur le terrain. Au cours du colloque, beaucoup de détails ont été donnés, notamment sur la liste des produits touchés par la contrefaçon ainsi que les pays d’où proviennent les marchandises contrefaites. Il est important à signaler à juste titre que ce phénomène n’affecte pas que l’Algérie mais beaucoup de pays, y compris les plus développés. Même des pays européens qui appliquent des législations très sévères et qui disposent de dispositifs très solides n’échappent pas à ce phénomène mondial. Les différents intervenants au cours de ce colloque ont mis en avant les efforts déployés et les actions menées par les Douanes et les services du secteur du Commerce pour combattre la contrefaçon. Aujourd’hui, il est admis que le renforcement de la coordination entre les différents acteurs économiques pour faire face à ce problème est plus que vital. L’intensification de la lutte est l’affaire de tous pour l’intérêt de tout le monde, le citoyen en consommateur, les entreprises économiques publiques et privées, en producteurs. C’est toute la production économique qui est visée et menacée par ce phénomène. La sonnette d’alarme est tirée, pour la énième fois, pour une prise de conscience collective sur les dangers, méfaits et dégâts de la contrefaçon qui se développe à une vitesse vertigineuse.
M. Oumalek
Auteur: elmoudjahid
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