Il est presque midi en ce 3e jour de Ramadhan. A la cité des Bananiers de Mohammadia à Alger, plusieurs propriétaires de commerce procèdent collectivement à un nettoyage complet des surfaces et des installations afin de réduire au minimum le risque de contamination. C’est un grand soulagement pour certains commerçants qui sont désormais autorisés par le gouvernement à reprendre leurs activités dans l’objectif de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire induite par le COVID-19. Sur les vingtaines de boutiques qui font face au Centre commercial Mohammadia Mall qui reste, lui, toujours fermé, seuls le buraliste et le marchand de pièces de rechange ont repris leur activité, en début d’après-midi.
«Le travail commence à 10h avec l’arrivée des premiers et rares clients pour la recharge du crédit ou acheter des cigarettes et regagner leurs habitations le plus tôt possible», explique Abderrazak, propriétaire d’un commerce de produits cosmétiques, indiquant que le nombre de personnes a notablement diminué, ce qui, à ses yeux, est normal vu que les gens ont un œil attentif de ce qui se passe actuellement.
Ce qui est remarquable est le fait que les commerçants, certes pas tous mais du moins une grande partie d’entre-eux, adoptent désormais de nouveaux comportements pour respecter les règles d’hygiène. Dans leur majorité, ils mettent la petite monnaie dans des récipients pour pouvoir les désinfecter à l’eau javellisée afin de limiter le risque de propagation du virus. Cependant, les citoyens sont encore prudents par rapport au développement de la situation et essayent d’éviter les lieux de rassemblement, mais ce n’est, malheureusement, pas le cas au marché de Sorécal où les distances de sécurité sont difficiles à respecter. Les files d’attente sont interminables. Avec la réouverture des magasins d’habillement et des commerces d’articles et ustensiles de cuisine, la circulation est redevenue dense. «J’ai été obligé d’aménager l’espace et mettre des barrières afin d’éviter que des clients soient trop proches les uns des autres. Il faut faire respecter ainsi la distance minimale «, indique un commerçant d’ustensiles muni de gants et de bavette. «Je ne lésine sur aucun moyen pour prévenir tout risque d’infection», lance-t-il.
A Bordj El Kiffan, il semble que les choses ne reviendront pas à la normale à court terme pour la simple raison que les propriétaires de commerces sont dans leur majorité originaires des autres wilayas, nous explique un habitant qui vient tout juste d’effectuer ses achats pour regagner son domicile. Dans cette cité balnéaire, nombreux sont les commerces qui sont concernés par la décision de réouverture. Mais ils restent encore fermés à l’exception des épiceries, des pharmacies, et des stations-service. «Il n’y aura pas de retour à la normale avant des mois «, s’inquiète Hamid Fellah, gérant d’une supérette, estimant qu’il faudra maintenir les mesures strictes de contrôle jusqu’à l’éradication totale de cette épidémie. Et d’enchaîner : «C’est vrai qu’il y a eu une interruption brutale des habitudes à cause de cette maladie, mais les citoyens doivent garder à l’esprit que le virus est encore là et la réouverture des commerces n’est pas synonyme de fébrilité ou de frénésie d’achat».
A titre de rappel, les activités et des commerces autorisés concernent les salons de coiffure, les pâtisseries, les magasins d’habillement et de chaussures, le commerce d’électroménager, le commerce d’articles et ustensiles de cuisine, le commerce de tissus, de mercerie et de bonneterie, les bijouteries et horlogeries, le commerce de produits cosmétiques et parfumeries, le commerce en gros et détail de matériaux de construction, le commerce de meubles et de mobiliers de bureaux ainsi que la vente d’articles scolaires.
Tahar Kaidi
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Auteur: elmoudjahid
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