L’annonce de la présidence de la République relative à la publication de la composante de la commission nationale chargée de mener le dialogue national en vue de l’organisation d’une élection présidentielle a été diversement commenté par la classe politique.
«Le FFS considère que cette commission n’a de mandat que celui que les décideurs lui ont attribué afin d’encadrer un dialogue imposé au pas de charge», a fustigé, hier, le FFS dans un communiqué, signé par son premier secrétaire, Belahcel Hakim, ajoutant que «les demandes de mesures de détente annoncées sont largement insuffisantes». « Par ce simulacre de dialogue annoncé, les tenants du pouvoir essayent encore une fois de gagner du temps pour détourner la population de sa revendication principale qu’est son autodétermination», a encore dénoncé le FFS.
De son côté, le PT a estimé que le parti «restera très attentif sur le sujet des détenus politiques et d’opinion», dont le moudjahid Lakhdar Bouregâa et de Louisa Hanoune. «Le PT reste convaincu que la voie qui permettra de réaliser le changement radical réclamé par des millions de citoyennes et citoyens réside dans la mise en place d’une Assemblée constituante souveraine», a fait savoir le PT.
Pour sa part, le PLJ «prend acte» des engagements du chef de l’Etat intérimaire et «réclame que ces engagements soient rapidement mis en œuvre.» Le PLJ «s’accorde le temps nécessaire pour s’assurer de la sincérité de la volonté politique du pouvoir avant de se prononcer sur ses relations avec le panel une fois sa composition définitive achevée», a estimé le parti dirigé par Mohamed Saïd.
Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, a souligné, quant à lui, que «le dialogue national est devenu plus qu’une option et plus qu’un besoin ; aujourd’hui, c’est une nécessité vitale et dans lequel réside l’intérêt supérieur de la patrie ; il n’y a pas d’autre choix que le dialogue.» «Depuis le début de la crise, nous n’avons jamais été aussi proches du seuil de la solution. Les conditions et les circonstances pour franchir ce seuil sont à notre portée plus qu’auparavant. Le dialogue est le début d’un parcours et non sa fin», a-t-il noté.
De son côté, Karim Tabbou, président de l’Union démocratique et sociale, a dénoncé une «manœuvre» du régime pour briser le mouvement populaire. «Les changements opérés à la tête de l’APN, du RND, du FLN, et l’installation de cette commission font partie d’un plan bien ficelé pour briser le hirak», a fustigé Karim Tabbou, dans une déclaration à Berbère Télévision. «Il n’y aura pas de dialogue sans le départ des figures du régime dont Bensalah», a-t-il insisté, déplorant que certaines des personnalités composant le panel en question aient fait des «concessions» au régime. «Les Algériens sont conscients des manœuvres du régime. Le hirak doit se poursuivre», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, le militant Islam Ben Attia a évoqué dans une déclamation à «Spoutnik» les raisons de son retrait au même titre que le professeur de sociologie Nacer Djabi de la commission de dialogue.
Il a expliqué avoir demandé avec Nacer Djabi, lors d’une réunion mardi dernier en présence de Karim Younès, Fatiha Benabbou et Smaïl Lalmas plus de temps pour convaincre certains militants de rejoindre le panel, dont le syndicaliste Lyes M’rabet et le militant des droits de l’homme Saïd Salehi, mais Karim Younès, désigné coordinateur du comité, s’est précipité à la Présidence pour annoncer la naissance du panel en question. «Ce que moi-même et le professeur Nacer Djabi avons rejeté, d’autant plus que nous ne connaissions pas les personnalités que la Présidence proposera pour participer à la composition du comité», a-t-il soutenu.
Post Views: 1 007
Auteur: Hicham Chouadria
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.