Au mois d’avril dernier, le président Paul Biya a instruit l’exonération au titre du deuxième trimestre de
l’impôt libératoire et des taxes communales pour certaines catégories d’opérateurs. Pourtant, dans les
marchés de l’arrondissement de Yaoundé V, les commerçants se plaignent de subir injustement des
pressions de la mairie réclamant son dû.
Les activités commencent timidement ce mercredi 12 août 2020 au marché Essos. Il est 10 h et certaines
boutiques sont encore fermées. Assise derrière son comptoir, Mme Djoko, gérante d’une parfumerie
attend ses premiers clients. Elle se remet à peine du paiement imprévu de l’impôt libératoire pour le
compte des mois d’avril, de mai et juin. «J’avais vu à la télé que nous étions exemptés du paiement des
taxes, et j’en étais soulagée. J’ai été surprise par la visite des agents de la mairie il y a deux semaines me
demandant de régulariser ma situation »,confie-t’elle. Comme cette dernière, plusieurs tenanciers de boutiques au marché
Essos ont découvert avec stupéfaction qu’ils n’étaient pas concernés par l’exonération en vigueur. Roger
est gérant d’un débit de boissons aux abords du marché. Il s’est dépêché de rassembler les fonds pour
solder l’impôt libératoire lorsque les agents de la mairie ont menacé de sceller sa boutique.
Un tour à la mairie de Yaoundé V permet de constater que le discours est tout autre. Ce que la plupart
des plaignants ignorent est qu’une circulaire du Directeur général des impôts le 13 mai 2020 avait fait
suite à celle du président de la République, avec pour but de préciser les modalités d’application des
différentes dispositions. Selon Yannick Manga, chef du service communication de la mairie de Yaoundé V,
«dans les normes, toute personne exerçant une activité génératrice de revenus doit payer les
impôts.Les vendeurs à la sauvette qui croient en être exempté sont en effraction. Aussi, les gens
écoutent les informations et comprennent seulement ce qui les arrange»
En effet, le Premier ministre sur ordre du chef de l’État avait signé une circulaire le 30 avril dernier
portant sur les mesures prises pour soutenir les entreprises camerounaises et renforcer la résilience de
l’économie. Un extrait de cette dernière stipule : «Seuls les petits revendeurs de vivres communément
appelés “Bayam sellam” sont concernés par l’exonération en vigueur. Par vivres, il faut entendre tout
produit destiné à l’alimentation humaine» (Cf points 46 et 47). Cela rentrait dans les inconditionnalités que le Cameroun devait remplir pour bénéficier des facilités de la Banque africaine de développement. Pour relayer cette information, une
note du maire précise que les boutiques, salons de coiffure, secrétariats bureautiques, bars, restaurants,
garages, fabriques de parpaings… ne sont pas concernés par cette mesure d’exonération.
Ces ordonnances ayant une compétence nationale, elles doivent être appliquées sur toute l’étendue du
territoire.
Edith Kowa(stg)
Auteur: La rédaction
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