Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Mohamed Samy Agli, a appelé hier à une exécution rapide des directives du gouvernement au niveau des banques et les administrations publiques en faveur des opérateurs économiques.
«La volonté politique pour accompagner les opérateurs économiques et les entreprises existe en haut niveau, mais le temps perdu par l’administration pour appliquer les décisions peut coûter cher aux entreprises et par ricochet à l’économie nationale et la trésorerie publique», a indiqué M. Agli sur les ondes de la Radio nationale.
Le président de la CAPC (ex-Forum des chefs d’entreprises – FCE) a, par conséquent, appelé les banques et les administrations publiques à «une exécution rapide» des directives du gouvernement, estimant que «la bureaucratie entrave l’application des directives en faveur des entreprises au moment où certaines risquent même de disparaître en raison de la crise sanitaire». Il a cité, dans ce sens, l’exemple du report du paiement des charges et impôt, sans pénalités de retard, décidé en faveur des entreprises pour une période de trois mois depuis avril, «alors que l’administration fiscale appelle déjà au paiement des différés du mois d’avril», appelant ainsi à une «extension de cette dérogation, car la trésorerie des entreprises, notamment les PME/TPE ne peut encore supporter ces charges».
M. Agli a également appelé les banques à accompagner naturellement les opérateurs économiques avec «des différés et des taux bonifiés» sans attendre «l’intervention des pouvoirs publics», car «la situation sanitaire et ses incidences économiques nécessite la mobilisation de tout le monde et la prise de décisions exceptionnelles dans la conjoncture actuelle».
A une question sur les instructions du président Tebboune quant à une évaluation «juste et réelle» des incidences de la pandémie du Covid-19 sur l’économie nationale, M. Agli, a expliqué qu’une prise de conscience collective s’impose sur cette réalité «amère» et la situation économique «compliquée». Il a salué les actions engagées par le président de la République et le gouvernement. S’agissant de l’évaluation des incidences, le responsable estime que c’est «un préalable» qui doit être établi d’une manière «fiable», ajoutant qu’il est «très difficile» de se prononcer en termes de chiffres, d’où la nécessité «du travail de concertation engagé par le gouvernement avec les partenaires sociaux et économiques».
Il a, dans ce sens, rappelé que la situation économique algérienne est similaire à celle du monde entier, à cause de la pandémie du Covid-19, mais particulière, car «nous enchaînons une seconde année difficile, après celle de 2019, quasi blanche en termes de croissance avec le maintien d’un minimum de l’activité économique, en raison de la situation politique du pays à l’époque».
S’agissant des perspectives, M. Agli a estimé «qu’il faudra dès maintenant penser à l’après-crise, car, d’après les experts, un mois d’arrêt équivaut à six mois de travail après la reprise économique», ajoutant que celle-ci «dépend aussi de l’espoir de trouver un vaccin au Covid-19». A propos de la capacité des entreprises algériennes à supporter les conséquences de la crise sanitaire, il a rappelé que «les entreprises tiennent déjà quatre mois avec leur trésorerie, mais cette situation est insoutenable notamment par les PME/TPE».
Evoquant le fonds de compensation, annoncé par le ministre des Finances en faveur des PME/TPE, M. Agli a salué cette initiative, précisant que ce fonds concerne une catégorie d’entreprises, tandis que «la situation nécessite un combat collectif où tout le monde doit y contribuer, gouvernement, partenaires sociaux et acteurs économiques», car les grands employeurs ont besoin d’une reprise économique.
En outre, M. Agli a appelé à profiter de la conjoncture actuelle et l’introduction de réformes économiques pour «sortir d’un modèle économique basé sur la rente pétrolière et les autorisations d’investissements qui génère des monopoles sur certains secteurs et aller vers un modèle économique fondé sur la concurrence loyale». Ces réformes doivent porter, selon lui, sur le rétablissement de la confiance entre l’administration et les opérateurs, la réforme du système bancaire et fiscal, la digitalisation, la pénalisation de la bureaucratie qui nuit à l’économie nationale, l’amélioration du climat des affaires pour attirer les IDE et le drainage de l’argent de l’informel vers les circuits bancaires.
Cela, pour permettre au pays «d’être un acteur économique important» qui devient «une obligation» dans le sillage de la concurrence économique entre les pays, souligne M. Agli.

Auteur: elmoudjahid
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