
Décliné en 366 pages, le livre traite de l’évolution urbaine de la ville de Marrakech au cours des siècles précédents et pendant le règne des Dynasties qui se sont succédé au Maroc, soulignant que cette évolution, dans une terre aride, a suivi le chemin de l’eau qui était acheminée du Haut-Atlas vers la cité ocre, à travers un procédé des plus ingénieux, les Khettaras, à l’origine du miracle de l’eau.
« L’idée du livre a germé dans mon esprit en réalisant l’étude architecturale de sauvegarde de la médina de Marrakech en 2000. Celle-ci s’est attachée à l’analyse urbaine ainsi qu’à son évolution, à l’identification du patrimoine, ainsi que de plusieurs actions visant la revalorisation de la Médina », a déclarée l’auteure du livre, à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP, soulignant que cet ouvrage « se veut complémentaire et intègre une donnée nouvelle mais fondamentale : l’eau ».
Dans ce sens, Mme Belkeziz n’a pas manqué de relever que l’eau détient un caractère divin dans la culture arabo-musulmane. « C’est le lien direct entre le ciel et la terre, et un don de Dieu, afin que tous ceux qui vivent sur terre en profitent », a-t-elle expliqué.
« D’autre part, la Médina est un espace spirituel composé d’une multitude de Saints, +Les Sabaatou Rijal+ (Sept Saints). Le sacré y est donc omniprésent, y compris l’art décoratif présent dans les fontaines », a-t-elle rappelé, mettant en relief le rôle des mosquées en tant que « gardiennes de l’eau de la Médina puisqu’elles abritaient les citernes situées dans leurs Sahn ».
Lors de cette conférence-débat, qui a réuni des historiens, des écrivains, des théologiens, des architectes, des universitaires et des représentants des départements concernés, les différents intervenants, ont souligné l’importance de cet ouvrage qui jette la lumière sur la corrélation entre les centralités urbaines et les centralités hydrauliques.
Ce livre, ont-ils relevé, retrace l’histoire de ce miracle de Marrakech et explique comment les dynasties du Maroc modélisèrent leurs politiques urbaines en fonction du système hydraulique, de ce qui se passait dans les entrailles de la terre.
En fait, le livre met en exergue l’organisation spatiale des quartiers et la structure même du tissu urbain qui suivaient un modèle reliant avec subtilité la dimension du sacré, de l’eau et de l’art, tout en tentant d’expliquer le lien entre les différentes composantes.
Cet ouvrage comporte un Chapitre qui met en lumière l’importance de l’eau dans les sociétés arabo-musulmanes et son caractère sacré.
Après ce premier Chapitre explicatif, le livre est construit par période historique car, chaque dynastie a apporté ses propres spécificités qui ont marqué l’organisation de l’espace et le tissu urbain. Ainsi, La dynastie Almoravide a, par exemple, construit l’espace de la ville selon le modèle radio-concentrique très caractéristique des modèles primitifs arabo-musulmans, ce qui a permis, entre-autres, de maitriser la gestion de l’eau.
La dynastie Almohade a, quant à elle, mit en place de nouveaux concepts d’organisation spatiale, liés au concept de l’urbanisme princier car, le prince ou le « Calife » était l’élément fondamental du pouvoir. L’eau à travers les fontaines constituait une vitrine importante de sa politique et l’art accompagnait son action en donnant naissance à des monuments d’une extrême beauté !
Les Dynasties Chérifiennes qui se succédèrent, la dynastie Saadienne et la Dynastie Alaouite placèrent le « sacré » au cœur de leurs politiques urbanistiques; la ville entière devint un espace spirituel composé d’une multitude de Saints autour desquels, gravite l’organisation spatiale liant l’eau, le sacré et l’art !
La conférence-débat a été suivie d’une séance de signature du livre et de rencontre avec l’auteure, qui est diplômée en 1979 de l’Ecole Supérieure Des Beaux-Arts de Paris (UP1) en architecture et diplômée en urbanisme de l’Université de Vincennes, et en aménagement du territoire de l’Institut de Géographie de la Sorbonne à Paris.
Architecte, urbaniste, géographe et experte auprès des tribunaux, elle réalise plusieurs plans de sauvegarde et d’aménagements, dont le plan de sauvegarde de la Médina de Marrakech et de la Médina de Taroudant, le plan d’aménagement de la ville de Youssoufia et le plan d’aménagement de la ville de Safi.
Dans le domaine du paysage, elle a réalisé plusieurs projets d’aménagements paysagers d’envergure, notamment le projet de restauration du jardin Al Harti à Marrakech, l’aménagement des jardins aux abords des remparts de la Médina de Marrakech où, elle a intégré un musée dédié aux Khettaras, la réhabilitation du jardin Agdal Ba Hmad dans la médina de Marrakech, ainsi que plusieurs fontaines monumentales.
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Auteur: Meriem IGASS
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