Congo : trois destins présidentiels célébrés au nom de l’excellence africaineCongo : trois destins présidentiels célébrés au nom de l’excellence africaine

Le Centre international de conférences de Kintélé a été, ce 13 août 2026, le théâtre d’une cérémonie placée sous le signe de la reconnaissance et de la transmission.

Sous le patronage du président Denis Sassou-Nguesso, l’Université Denis Sassou-Nguesso a élevé au grade de docteur Honoris Causa trois figures majeures de la vie politique africaine : les anciens présidents Macky Sall du Sénégal, Mahamadou Issoufou du Niger et Umaro Sissoco Embaló de Guinée-Bissau. Trois trajectoires différentes, mais un même fil conducteur : le service de l’État et l’engagement dans les dynamiques continentales. À travers cette distinction, l’Université Denis Sassou-Nguesso consacre autant des personnalités que des expériences de gouvernance, de diplomatie et d’intégration africaine.

Macky Sall, de l’ingénierie à la magistrature suprême

Ingénieur géologue de formation, Macky Sall est l’illustration d’un parcours construit dans la technicité avant de s’imposer dans l’arène politique. Né à Fatick en 1961, il gravit progressivement les échelons de l’État sénégalais : ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique, ministre de l’Intérieur, Premier ministre de 2004 à 2007, puis président de l’Assemblée nationale.

Élu président de la République en 2012, il dirige le Sénégal pendant douze années, jusqu’en 2024. Son magistère est notamment associé au Plan Sénégal émergent et à d’importants investissements dans les infrastructures et les transports. Sur le plan continental, il préside l’Union africaine de février 2022 à février 2023, portant notamment la voix du continent dans les débats sur le financement du développement et la gouvernance mondiale. Aujourd’hui encore, son expérience demeure sollicitée sur la scène internationale. En juillet 2026, le Sénégal a officiellement soutenu sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, présentée comme une candidature au service de l’Afrique.

Mahamadou Issoufou, l’homme de la stabilité et de l’intégration

Au Niger, Mahamadou Issoufou a lui aussi connu une longue ascension institutionnelle. Ingénieur de formation, il devient Premier ministre en 1993-1994, puis président de l’Assemblée nationale avant d’accéder à la magistrature suprême en 2011.

Il dirige le Niger durant deux mandats, jusqu’en 2021.Son parcours présidentiel est marqué par les défis du développement, de la pauvreté, de la sécurité et de l’extrémisme violent dans le Sahel. Son engagement en faveur de l’intégration économique africaine lui vaut également d’être identifié comme l’un des défenseurs de la Zone de libre-échange continentale africaine. En 2021, la Fondation Mo Ibrahim lui décerne son prestigieux Prix pour un leadership d’excellence en Afrique, saluant notamment sa décision de respecter la limitation constitutionnelle des mandats et de quitter le pouvoir après deux quinquennats.

Umaro Sissoco Embaló, le parcours d’un militaire devenu homme d’État

Le troisième récipiendaire, Umaro Sissoco Embaló, présente un profil singulier. Ancien officier général, spécialiste des questions de défense et de relations internationales, il a également été conseiller en matière de sécurité auprès de plusieurs dirigeants africains. Il exerce les fonctions de Premier ministre de Guinée-Bissau de 2016 à 2018 avant d’accéder à la présidence en 2020.Son passage à la tête de la Guinée-Bissau est intervenu dans un contexte politique particulièrement fragile.

Sur le plan régional, son influence dépasse toutefois les frontières de son pays : en juillet 2022, il est élu président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, responsabilité qui le place au cœur des grands enjeux sécuritaires et politiques de l’Afrique de l’Ouest.Son parcours présidentiel s’est achevé dans la crise politique et institutionnelle de novembre 2025, lorsqu’il a été renversé par les militaires à l’issue d’un processus électoral contesté.

En réunissant ces trois anciens chefs d’État, l’Université Denis Sassou-Nguesso entend inscrire son action dans une ambition panafricaine. Le choix des récipiendaires met en lumière des expériences différentes — développement économique, intégration continentale, sécurité, diplomatie et gouvernance — qui constituent autant de matières à réflexion pour les générations futures.À Kintélé, le titre de Docteur Honoris Causa prend ainsi une dimension particulière : celle d’un hommage à trois parcours présidentiels, mais aussi d’une invitation à transformer l’expérience politique africaine en savoir, en transmission et en inspiration pour la jeunesse du continent.

Alice Besson

Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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