Le gouvernement a tenu, mercredi dernier, une réunion présidée par le Premier ministre Noureddine Bedoui, au cours de laquelle il a examiné l’avant-projet de loi portant règlement budgétaire de l’année 2017 et des projets de décrets exécutifs relatifs aux secteurs des énergies renouvelables et de l’habitat, et a présenté deux exposés concernant l’amélioration du cadre de vie du citoyen et le marché de gré à gré simple. Durant la réunion, le ministre des Finances a présenté, dans son exposé, les résultats financiers de l’année 2017 ainsi que le cadre économique global à travers lequel a été élaborée et mis en œuvre cette loi de finances. Certes, les contraintes actuelles auxquelles fait face l’économie, en plus d’être multiples, constituent des défis, mais le pays ne manque pas d’atouts qu’il pourrait exploiter, pour peu qu’un changement de politique économique soit mis en œuvre. En fait, l’économie du pays n’était pas aussi solide qu’on a voulu le faire croire. On l’a vu déjà dans un passé récent, il a suffit d’une petite secousse avec la chute des cours du pétrole pour que le bateau tangue. Ce qui est attendu, c’est surtout la sortie du mirage du tout pétrole, et dans lequel on s’est laissé enfermer depuis pratiquement l’indépendance. Il était, en effet, très naïf de penser que l’Algérie pouvait retrouver une place majeure sur l’échiquier économique régional en se contentant d’exporter le pétrole et le gaz, en favorisant un boom artificiel de la construction d’infrastructures surdimensionnées. Durant les 15 dernières années, l’Algérie a perdu irrémédiablement l’opportunité de devenir une économie intermédiaire entre les économies occidentales et les économies africaines, bien qu’elle ait pratiqué une politique d’ouverture et de libéralisation dans l’objectif était sa remise dans les circuits de l’économie régionale et mondiale. Cela dit le pays résiste encore, en particulier dans le domaine financier, mais la conjoncture politique difficile qu’il traverse sur fond de difficultés économiques, risque de provoquer une crise sociale, d’où la nécessité d’envisager dès à présent un changement qui suppose que soient abandonnés les choix et les objectifs qui ont conduit le pays à la crise actuelle. En économie, il est clairement établi qu’on ne sait jamais de quoi sera fait demain. Les autorités devraient utiliser le potentiel dans dispose l’économie nationale dans de nombreux domaines, tout en maintenant et intensifiant la lutte contre la corruption et la confusion générale entre intérêt public et intérêt privé. L’entrisme d’hommes d’affaires en politique et d’hommes politiques en affaires, a mené le pays vers une impasse économique qui empêche de mettre en place une réforme économique sérieuse qui s’impose depuis longtemps. Malheureusement, c’est une situation qui risque de perdurer. Les dirigeants sont dès lors obligés de se rendre à l’évidence et voir comment il serait possible de s’en sortir. Dans tous les cas le risque est réel.
F. B.

Auteur: elmoudjahid
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