« Il y a urgence, pour des raisons de sécurité nationale, de mettre en place un nouveau modèle de consommation énergétique, et surtout  une stratégie de développement hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales, supposant de profondes réformes structurelles», a indiqué le Pr des universités, expert international Abderrahmane Mebtoul. Dans une contribution dont une copie nous a été transmise, il a souligné  qu’en économie le temps, ne se rattrapant jamais, conduira à la régression économique et sociale avec des réserves de change tendant vers zéro et le retour à la tutelle du FMI dans moins de deux ans.
Il dira dans ce sens qu’avec une extrapolation, au cours du baril 60/65 dollars et 4/5 dollars de MBTU pour le gaz, représentant 33% des recettes de Sonatrach, soit 58 milliards de dollars fin 2019, 37 milliards de dollars en 2020 et 16 milliards de dollars fin 2021. L’expert a précisé qu’en conséquence, nous aurons des incidences géostratégiques, politiques, sécuritaires, sociales et économiques aboutissant à une déstabilisation de l’Algérie.
M. Mebtoul a insisté sur la nécessité de ne pas croire à certaines utopies. Il a cité à titre d’exemple celle d’un ex-ministre de l’Industrie courant 2014 qui a indiqué que l’Algérie économiserait 30 milliards de dollars durant les trois ou quatre années grâce aux mines, alors que l’économie productive de 2019 est embryonnaire, l’Algérie dépendant directement et indirectement pour ses entrées en devises à environ 98% des hydrocarbures brut et semi brut ayant délaissé la pétrochimie.
Il a ajouté que tout cela pose la problématique des limites de la dépense publique via la rente et renvoie, pour l’Algérie, à la maitrise du management stratégique pour éviter les surcoûts, la mauvaise gestion et surtout le pilotage à vue, ignorant les nouvelles mutations mondiales où l’initiation de projets non muris risquent de faire faillite à terme.
Allons plus loin dans ses déclarations, le Pr a qualifié l’industrie de  montage de voitures de «dérive».
Il a précisé que ce n’était que du «montage» pour trafic de transfert de devises où l’on recense des dizaines de constructeurs qui n’existent nulle part dans le monde, allant à des faillites prévisibles, après avoir perçu des avantages financiers et fiscaux considérables. S’agissant de l’industrie de ciment, il a indiqué que cette utopie de dizaines de complexes de ciment, où nous assistons actuellement à la sous-utilisation de capacités avec le risque du refroidissement si le stockage est de longue durée, accroissant les coûts, alors inutilisables pour la construction, excepté Lafarge qui a des points d’appui en Afrique à travers ses filiales étant difficile pour les autres unités d’exporter avec une rentabilité certaine notamment vers l’Europe où, contrairement à certains discours ne reposant sur aucune étude de marché séreuse, les parts de marché étant déjà pris par de nombreux complexes en voie de réalisation.
Il a insisté à cet effet sur la nécessité de mettre en place une nouvelle stratégie indiquant que «l’Algérie a besoin d’une vision stratégique au sein de laquelle doit s’insérer la politique industrielle (institutions, système financier, fiscal, douanier, domanial, système socio-éducatif, le marché du travail, le foncier, etc.), afin de s’adapter aux nouvelles filières mondiales en perpétuelles évolutions poussées par l’innovation». Et de poursuivre : «Sans cette nécessaire adaptation au nouveau monde en perpétuelle mutation, renvoyant à une nette volonté politique d’accélérer les réformes, donc à un renouveau culturel pas seulement des responsables mais de la société, l’Algérie ayant toutes les potentialités pour dépasser le statu quo actuel».
 M. A. Z.

Auteur: elmoudjahid
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