Les manifestants exigent la rupture du dialogue avec le système actuel (photo : Lyès Habbache)Si tout le monde est d’accord sur la transition, les partis politiques et les représentants de la société civile restent divisés sur la manière de la conduire et sur les objectifs à lui fixer.
Les formations politiques les plus en vue au sein de l’opposition ne partagent pas toutes la même opinion de cette démarche politique, qui vise à instaurer, logiquement et comme le demande le peuple depuis six semaines, une nouvelle République.
Ces formations, qui ont longuement exprimé leur point de vue, ne tombent pas toutes d’accord ni sur la nature ni sur le contenu à donner à cette transition politique si nécessaire et si vitale pour la survie et l’avenir de la nation et du pays.
Il y a des partis et des personnalités qui plaident pour une courte période de transition ne dépassant pas les six mois, qui aboutirait à la mise en place de mécanismes et d’instances indépendantes permettant la tenue d’élections libres et transparentes.
Le président de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, a, pour sa part, détaillé tout récemment son projet de sortie de crise. Pour lui, la «juste voie» pour sortir de cette crise est la «reprise du processus de l’élection du président de la République dans la limite des délais que demande la mise en place du mécanisme indépendant devant préparer, organiser et contrôler ce processus dans des conditions irréprochables d’intégrité, de régularité et de transparence».
Cela avec bien entendu des mesures d’apaisement et d’accompagnement, comme la dissolution du Parlement et la désignation d’un vrai gouvernement de compétences nationales accepté par l’opposition et la rue. Soufiane Djilali, président de Jil Jadid, est lui aussi pour une période de transition d’une année au maximum, qui permettrait de mettre en place tous les instruments et les instances nécessaires afin d’organiser une élection présidentielle transparente.
Pour lui, tout doit commencer par le retrait définitif du président Bouteflika à la fin de son mandat, le 28 avril, en transmettant le pouvoir à une instance présidentielle composée de personnalités acceptées par les Algériens.
Le RCD propose une transition de six mois qui déboucherait sur une élection présidentielle avant octobre 2019. Le MSP est aussi dans le même esprit, plaidant également pour une transition de courte durée.
D’autres partis, comme le PLD, estiment que la transition doit disqualifier tous ceux qui étaient au pouvoir et ceux qui utilisent l’islam à des fins politiques.
Le Parti des travailleurs (PT) est pour une Assemblée constituante pour la refonte de l’Etat et pour l’avènement d’une IIe République.
Pour la formation de Louisa Hanoune, la seule issue positive à même de préserver la nation du chaos réside dans le respect de la volonté de la majorité du peuple d’exercer sa pleine souveraineté, définir elle-même la nature du régime à mettre en place et donc la forme et le contenu des institutions dont elle a besoin pour la satisfaction de toutes ses aspirations démocratiques, économiques, sociales et culturelles. Cela ne pourra se faire que par la convocation une Assemblée constituante nationale souveraine.
Un projet également partagé avec le FFS. Le plus vieux parti de l’opposition tient ainsi à son projet politique, tout aussi vieux, d’une Assemblée constituante pour garantir un bon nouveau départ à l’Algérie, sur des bases solides, faites de droit et de justice.
Ainsi donc, il n’y a toujours pas de convergence de vues sur la manière de conduire cette transition. Mais le débat est sérieusement lancé.
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Auteur: Hicham Chouadria
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