Les habitants du mont Chenoua ont décidé de bloquer l’accès à la corniche du Chenoua (CW 109). Une épaisse fumée se dégageait de la route bitumée. Troncs d’arbres, branches, cailloux et pneus sont mis sur la route. Les manifestants étaient très nombreux, frustrés par leur marginalisation. La concession des plages est à l’origine de ce coup de colère des habitants de Chenoua.

Il nous a été très difficile de discuter avec ces manifestants,  en ce milieu d’après-midi du dimanche 2 juin. Des adolescents  criaient, au moment où des adultes nous faisaient part de leurs revendications. Les véhicules de la Gendarmerie nationale sont stationnés à quelques dizaines de mètres des manifestants.

«Nous n’avons pas de travail, nous arrivons à passer le mois de Ramadhan difficilement, nous n’avons même pas pu acheter des vêtements pour nos enfants, nous disent nos interlocuteurs, nous sommes partis voir le P/APC de Tipasa pour lui demander de nous permettre d’exploiter les plages durant la saison estivale, ils nous ont ramené les éléments de la BRI qui nous ont menacés», ajoutent-ils.

«Le P/APC n’a pas eu l’audace de venir nous affronter dans son bureau, nous voulons savoir pourquoi ces autorités nous excluent à chaque fois qu’il s’agit d’exploiter les plages du Chenoua, nous voulons gagner notre pain, nous en avons marre du chômage et de la misère sociale», expliquent-ils.

«Ni travail ni logement pour nous habitants du Chenoua, l’année passée, l’ex-wali avait imposé des personnes pour exploiter nos plages, l’actuel wali fait de même, maintenant nous leur dirons que nous ne partirons pas d’ici malgré le Ramadhan jusqu’à ce qu’ils nous trouvent une solution.

Les autorités nous ont avancé un prix de six millions de dinars pour nous faire fuir, SVP, inscrivez tout ce que nous vous avons déclaré, il y a des infrastructures publiques ici à Chenoua qui avaient recruté des personnes qui habitent en dehors de Tipasa, il y a même des retraités militaires, des gendarmes et des policiers parmi les recrutés, ils ont trouvé des logements ici, c’est devenu insupportable, nous ne pouvons plus élever nos enfants, nous étouffons», concluent nos interlocuteurs fous de rage à cause du mépris affiché à leur égard par les autorités locales, tout en fustigeant les employés corrompus qui gravitent au sein de l’APC de Tipasa.

Contacté par nos soins, le chef de daïra de Tipasa nous précise : «Ces jeunes ne veulent pas passer par le cahier des charges pour exploiter les plages et les parkings durant la saison estivale selon les procédures réglementaires. Ils veulent s’accaparer des plages sans rien respecter, ils désirent que l’APC leur fournisse juste une autorisation», ajoute-t-il.

Les manifestants affichaient une grande détermination. La saison estivale 2019 aura du mal à se mettre en route, car d’autres points sombres n’ont pas encore été résolus.

Post Views: 8

Auteur: Anis Khecheba
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.