Après plusieurs heures d’audition, Mahieddine Tahkout a été finalement placé, tôt dans la matinée d’hier, en détention provisoire par le juge d’instruction du tribunal correctionnel de Sidi M’hamed près la Cour d’Alger. Une décision qui a concerné également des membres de sa famille, dont deux de ses frères ainsi qu’un de ses fils répondant aux initiales de B.T.
Soupçonné de malversations, l’homme d’affaires est poursuivi, selon son avocat, pour blanchiment d’argent, de détournements et d’obtention d’indus privilèges suite à l’attribution «douteuse» de plusieurs marchés publics. Me Bourayou a indiqué dans une déclaration à la presse qu’il va faire appel de cette décision et a affirmé au passage que son client a nié les accusations portées contre lui en précisant devant le juge d’instruction que tout ce qu’il entreprenait était dans un cadre légal, avec le respect des procédures tels les avis d’appels d’offres.
Des dizaines de cadres de l’Office national des œuvres universitaires (ONOU), de l’entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (ETUSA) et de l’Agence nationale du développement de l’investissement (ANDI), sont à ce sujet impliqués dans ces affaires portant notamment sur la location des bus de Tahkout pour le transports des étudiants et d’autres au profit de l’ex-RSTA, sans oublier d’autres dossiers relatifs à Cima Motors, la société du principal accusé. Après avoir entendu les concernés, le juge d’instruction a ordonné la mise en détention provisoire du directeur des transports de la wilaya d’Alger, Rachid O., et d’un de ses cadres, de l’ex-directeur général de l’ETUSA, Abdelkader B. et de l’ancien directeur des œuvres sociales Alger-Est, ainsi que de nombreux cadres de l’ONOU et de l’ETUSA.
Les auditions se poursuivent et l’on parle à ce propos de plus de 130 personnes qui seront auditionnés par la justice. Mais en l’absence de toute information officielle (aucun communiqué de presse ni point de presse du parquet de Sidi M’hamed), les journalistes se contentaient de se référer à d’autres sources judiciaires.
A rappeler que plusieurs hauts fonctionnaires ont comparu la veille pour ce dossier de Tahkout, dont l’ex-Premier ministre, Ahmed Ouyahia, d’anciens ministres et d’ex-walis parmi lesquels, Abdelkader Zoukh, l’ancien wali d’Alger. Ils ont tous quitté le tribunal libres.
Il faut savoir que le groupe Tahkout emploie quelque 14.600 travailleurs à travers ses nombreuses filiales. Détenteur exclusif depuis une vingtaine d’années du transport universitaire dans plusieurs régions du pays, l’homme d’affaires a obtenu à Alger, en 2015, l’exploitation des lignes pour le transport urbain. A la fin de l’année 2018, un marché se chiffrant à coups de milliards de dinars est signé entre Tahkout et l’ETUSA pour la location de 300 bus de 30 à 100 places.
Entre-temps, le groupe Tahkout a prospéré à travers Cima Motors, un concessionnaire multimarques qui a été longtemps représentant et distributeur officiel de plusieurs marques de renommée mondiale dont Hyundai, Opel, Chevrolet, Suzuki, Fiat, Fiat Professional, Jeep et Alfa Romeo. En 2016, Tahkout a lancé ‘‘Global Motors Industries’’ (GMI), une filiale qui détient, à Batna, l’usine d’assemblage de la marque Hyundai.
Dans le monde audiovisuel, Mahieddine Tahkout a racheté des parts dans la chaîne de télévision NUMIDIA TV.
S. A. M.
Auteur: elmoudjahid
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