Organisé conjointement par l’Ecole Supérieure de Technologie (EST) d’Essaouira relevant de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech (UCAM), le Centre International de Recherche et de Renforcement de Capacités, et l’Association Essaouira-Mogador entre autres, ce congrès multithématique et multiforme s’adresse aux différentes parties prenantes de la ville, à savoir des chercheurs, des acteurs locaux, des artistes, des professionnels et la société civile.

Ce congrès se veut un rendez-vous scientifique majeur de la ville d’Essaouira et un lieu d’échange, d’analyse et de débat sur les mutations et les transformations que connaît la société du savoir et l’hyper-connectivité, tout en s’inscrivant dans les défis contemporains de gestion territoriale, avec l’innovation et la créativité comme toiles de fond.

La séance d’ouverture de ce conclave de 4 jours a été rehaussée par la présence d’un parterre de personnalités, dont M. André Azoulay, Conseiller de Sa Majesté le Roi et Président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, le président de l’UCAM, Abdellatif Miraoui, le directeur de l’EST d’Essaouira, Belaid Bougadir, le directeur de la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté (FFN) au Maroc, Olaf Kellerhoff, et le directeur de l’Agence urbaine d’Essaouira, Said Loqmane.

Intervenant à cette occasion, M. Miraoui a salué la pertinence de la thématique de ce congrès, lequel se trouve actuellement au coeur des priorités, insistant sur le rôle majeur de l’élément humain et de la place qu’il doit occuper au sein de la société.

Et de faire observer que l’UCAM, dans le cadre de sa stratégie de développement, accorde un intérêt tout particulier à la formation des jeunes, en veillant à les doter de toutes les connaissances et les compétences transversales, notant que l’objectif est que ces jeunes puissent être des acteurs agissants et en mesure de faire face à tous les changements à venir.

« Notre devoir est de former des jeunes qui seront socialement responsables », a dit M. Miraoui, mettant en avant les avancées réalisées en matière de créativité et d’innovation au niveau de la ville d’Essaouira, une cité qui sert actuellement de plateforme singulière en la matière.

Sur un autre volet, il a mis l’accent sur la transformation digitale que connaît le monde actuellement ainsi que sur les défis que le Maroc se doit de relever, estimant que cette transformation digitale offre également de grandes opportunités à saisir.

Il a, en outre, insisté sur l’importance qu’accorde l’UCAM au niveau régional au développement territorial, notant que ce développement ne peut être atteint que si l’on parvient à corriger les dysfonctionnements existants mais aussi à anticiper sur les changements à venir.

M. Bougadir a, quant à lui, donné un aperçu sur l’EST d’Essaouira et sur les différentes formations qu’elle dispense, notant que cet établissement d’enseignement supérieur a fait de la créativité et de l’innovation son cheval de bataille et ce, depuis sa création, à travers un choix judicieux des filières et des formations, avec comme finalité de mettre en place une assise à même de permettre d’accompagner, d’une manière efficiente, le développement que connaît la ville d’Essaouira et la province.

Il a, en outre, mis en avant le caractère pluridisciplinaire et créatif de la vision adoptée au sein de l’EST pour appréhender les différentes questions liées au développement de la cité des alizés, précisant qu’actuellement Essaouira, riche de son histoire séculaire, de son patrimoine universel, de son esprit d’ouverture et de ses ambitions, est une ville universitaire par la force des choses.

Pour sa part, M. Loqmane a relevé le caractère significatif du choix de la ville d’Essaouira pour la cristallisation au mieux de cette thématique devenue à l’heure actuelle une réalité mondiale.

 »Cette ville, dans sa pluralité d’appartenance religieuse, communautaire et culturelle, a toujours été un carrefour civilisationnel accueillant les personnes provenant des quatre coins du monde. C’est à Essaouira que s’exprime le multilinguisme et où l’histoire des civilisations se manifeste à travers son cadre bâti, ses rues et ses places », a-t-il dit.

Et de faire observer que  »la créativité est longtemps restée confinée dans la sphère artistique et artisanale et n’a pas pris en considération les autres secteurs que sont l’économie, la technologie, la culture et le social », estimant que  »notre rôle en tant qu’acteur d’aménagement du territoire, est la fabrique de la ville et son développement à travers une planification urbaine repensée concevant des villes créatives, résilientes et productives, prenant en considération les richesses et les potentialités naturelles et historiques du territoire ».

Pour M. Loqmane, le challenge actuellement est de promouvoir les autres secteurs afin d’atteindre l’objectif escompté qui n’est autre que celui de doter la ville d’Essaouira du titre de  »ville créative », estimant que la créativité est le moteur du développement et de l’attractivité touristique.

Le président du Réseau Marocain de l’Economie Sociale et Solidaire (RMESS), Abdellah Souhir, a loué l’importance de la thématique de la créativité dans les différentes missions et les divers projets du RMESS, rappelant que son réseau a procédé, l’année dernière, à la création de pôles dans les 12 régions du Maroc et ce, dans le but de renforcer son ancrage territorial et mettre en valeur l’économie sociale et solidaire comme un secteur incontournable pour le développement durable et inclusif des territoires.

 »Nous sommes convaincus que le travail en commun et l’association des efforts des parties prenantes dans les territoires, crée plus d’intelligence territoriale qui peut amener à trouver des solutions adéquates et pérennes aux problèmes liés à l’injustice sociale, à la pauvreté et à la précarité », a-t-il expliqué, réitérant l’engagement du RMESS à rester ouvert à toutes les initiatives qui peuvent apporter de la plus-value aux territoires.

M. Ahmed Chehbouni, président du Centre de Développement de la Région de Tensift (CDRT), a donné un aperçu détaillé sur cette ONG d’utilité publique, avec un focus sur les différentes actions et divers projets que ce Centre mène au niveau de la province d’Essaouira.

Il a, en outre, insisté sur l’impératif d’une implication collective de l’ensemble des acteurs et parties prenantes et ce, pour une créativité inclusive et un développement des territoires qui sera inscrit dans la durabilité.

Le professeur Larbi Safaa, du comité de coordination du CITI-2019, a relevé que la créativité est un concept transversal et protéiforme, notant que l’examen de ce concept et son inscription à une échelle territoriale comme la ville n’est pas une entreprise aisée ni sur le plan théorique, ni sur le plan empirique.

Et de faire observer que le concept de créativité se démocratise après qu’il a été longtemps associé à la sphère des artistes et des grands penseurs selon une approche « startifiée » du monde, notant qu’aujourd’hui, la créativité s’ouvre à toutes les strates de la société, ce qui pose en même temps un paradoxe d’une autre nature : l’hégémonie et l’injonction performative du discours sur la créativité.

Au menu de ce Congrès, figurent plusieurs tables rondes, un symposium, un café Politis, outre la présentation des résultats de recherches abordant la créativité, un concept aussi transversal que fédérateur, nécessaire à l’émergence des écosystèmes territoriaux performants.

Le congrès est aussi enrichi par un programme culturel et artistique : Expositions, spectacles et performances célébreront la créativité, dont deux expositions d’art à savoir « Moments partagés » de My Youssef El Kahfai, peintre et graveur, qui investira, la galerie de l’Institut Français d’Essaouira, outre une seconde exposition sous le signe « Najmah » de l’artiste-photographe Abdelghafour Benbadryef, qui sera agrémentée par un défilé de mode et un atelier de tatouage.

Un autre ancrage local de CITI-2019 se manifeste par la tenue du premier workshop post-création de ETIL (Essaouira Territorial Innovation Lab). Cette Innovation Lab se veut un tiers-lieu ouvert permettant de travailler entre structures publiques et privées, collectivités locales, laboratoires universitaires, associations, citoyens et groupement d’usagers dans le but d’élaborer collectivement de nouvelles solutions et d’essaimer des innovations locales en matière de développement territorial.

Plébiscitant la diversité et la proximité pour le déroulement de ses travaux, CITI-2019 investira plusieurs lieux emblématiques et riches d’histoire de la cité des alizés à savoir « Dar Souiri », « Bayt Dakira », le Musée Sidi Mohammed Ben Abdallah, l’Institut Français, outre l’EST d’Essaouira.

Auteur: Meriem IGASS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.