Cet été a enregistré l’une des belles histoires de la dernière Coupe du monde : 52 ans après sa seule et unique participation, la RD Congo se qualifiait à l’issue de trois barrages continentaux puis intercontinentaux, gagnait son premier match en phase finale en même temps que son ticket pour le second tour, avant de tomber avec les honneurs en seizièmes de finale, contre l’Angleterre, future demi-finaliste. Seulement voilà, les Léopards n’auraient pas dû disputer cette édition 2026, et la FIFA se retrouve de nouveau au banc des accusés.
Dans des enquêtes publiées ce mardi, Le Monde et le New York Times révèlent que l’instance présidée par Gianni Infantino s’était aperçue de l’inéligibilité de Lionel Mpasi, le gardien de but des Léopards (32 sélections), alors que celui-ci avait pris part aux qualifications pour la Coupe du monde 2026. L’affaire ne date pas de cette dernière, mais remonte aux barrages africains, disputés l’automne précédent.
Le 16 novembre 2025, le Nigeria s’était incliné à Rabat contre la RDC en finale desdits barrages (1-1, 4-3 t.a.b.). Dans la foulée de la rencontre, la Fédération nigériane de football (NFF) avait saisi la FIFA.
Dans le viseur des dirigeants nigérians qui réclament la disqualification des hommes de Sébastien Desabre et une victoire par forfait, figuraient certains joueurs binationaux des Léopards : leur éligibilité serait remise en cause par un processus de naturalisation sportive non conforme aux règles fixées par l’instance internationale.
La FIFA prise en flagrant délit
Si l’instance mondiale n’avait alors pas donné suite, la NFF était revenue à la charge en mars 2026. Les services juridiques de la FIFA avaient fini par conclure à l’inéligibilité de Mpasi.
Titulaire de la double nationalité franco-congolaise, le portier avait disputé plusieurs rencontres avec la France chez les jeunes avant d’opter pour le pays de ses ancêtres, mais n’avait jamais été au bout du processus de changement de nationalité sportive.
De quoi se trouver en contravention avec l’article 19 du code disciplinaire de la FIFA : « Si un joueur prenant part à un match est déclaré inéligible à la suite d’une réclamation, l’équipe à laquelle il appartient est sanctionnée d’un match perdu par forfait et d’une amende de 6.000 francs suisses [6.500 euros] au minimum. »
Considéré irrecevable pour de questions de délai, le recours du Nigeria avait été rejeté malgré ces éléments accablants pour la RD Congo.
En cause selon les enquêtes, les liens unissant Gianni Infantino et Véron Mosengo-Omba, actuel président de la Fédération congolaise et ex-secrétaire général de la… Confédération africaine de football.
En refusant d’appliquer son propre règlement, comme c’est d’ailleurs le cas face aux vagues de naturalisations de complaisance pratiquées ces derniers mois par l’Ouganda ou Madagascar, la FIFA aggrave encore son cas aux yeux de ceux qui refusent le règne de l’arbitraire dans le football. Ce sont bien les Super Eagles qui auraient dû disputer le barrage intercontinental contre la Jamaïque, battue par les Léopards (1-0, a.p). Avec Lionel Mpasi dans le but.
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Auteur: saber boubaker
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