Célébration du nouvel an amazigh
A l’occasion du nouvel an amazigh, les habitants du Moyen Atlas célébrent cette occasion, en tant qu’événement social à forte charge symbolique et historique, à plusieurs niveaux, à la fois culturel, artistique et anthropologique.
Toutefois ce qui caractérise l’année amazighe٬, ce sont ces coutumes et traditions qui diffèrent d’une région à une autre, chose qui lui confère des dimensions symboliques que les habitants de l’Atlas expriment à travers des rituels de célébration qui puisent leurs racines dans la culture amazighe, qui constitue une richesse nationale immatérielle.
Le nouvel an amazigh qui coïncide avec la nuit du mois de 13 janvier de l’année grégorienne est célébré dans tous les pays du Maghreb nord-africains. Il connu sous le nom « Yannayer », premier mois de l’année٬ comme Il est également appelé “Asseguass” qui signifie la nuit du nouvel an où “Assekkass”, le jour qui sépare deux périodes.
Dans une déclaration à la chaîne d’information en continu de la MAP (M24), Al Houssine Akda, enseignant chercheur en histoire et patrimoine, a indiqué que les habitants de la région de Khénifra, qui fait partie du Moyen Atlas, pratiquaient le nomadisme l’hiver et l’été et que la célébration du nouvel an coïncide avec la présence de la plupart de la population dans les plaines.
Cet événement était célébré collectivement dans le cadre de la tribu sous la supervision du chef de la tribu et de ses collaborateurs, a-t-il dit, précisant que la célébration du nouvel an consiste en la préparation de repas traditionnels et l’accomplissement de rituels festifs selon des coutumes et des traditions héritées des prédécesseurs et qui varient en fonction des régions.
M. Akda a ajouté que cette célébration se faisant au sein de la tribu et qu’elle constitue une occasion de rencontre et de retrouvaille entre familles, relevant que le chef de la tribu désigne la famille qui va accueillir le dîner de la célébration constitué généralement de plats locaux comme le Couscous.
La soirée de la célébration du nouvel an amazigh est agrémentée de rituels porteurs de significations qui renvoient à l’optimisme et à la bonté, a-t-il fait savoir, notant qu’à la levée du soleil, les grains de couscous sont dispersés dans les champs, les pâturages, les étables et les silos dans l’espoir que la nouvelle année soit porteuse de richesses et d’abondance.
Réactions
Abdalhak Bouchtart, écrivain chercheur en Histoire, journaliste, activiste Amazigh

Tout d’abord, nous tenons à remercier Sa Majesté pour cette décision historique que l’ensemble des amazighs et marocains l’attendent, depuis déjà des lustres. Cette décision est une reconnaissance des combats et sacrifices concédés par le mouvement Amazigh pour recouvrer la considération à l’identité Amazigh au Maroc. D’autant plus que l’An Amazigh renferme une profonde et forte symbolique civilisationelle permettant au Maroc en tant que pays ancestral de se réconcilier avec son ego culturel et sa longue histoire. C’est ainsi qu’une part de doléances stratégiques du mouvement Amazigh s’est réalisé, tel que l’officialisation et l’An Amazigh. Maintenant, le gouvernement et l’acteur politique se doivent de mesurer parfaitement l’ampleur de la décision Royale et ses prolongements et de s’activer sérieusement afin d’adhérer à ce processus en série de l’officialisation de l’Amazighité et de s’atteler à l’institutionnaliser, après avoir constaté des retards dangereux et incompréhensibles au niveau de l’exécutif, ainsi que l’inaction produit à l’intégration de la langue Amazigh dans l’information publique, la justice et tous les compartiments de la vie, en générale…
Abdellah Badou : «cette reconnaissance interpelle le gouvernement…»

Pour l’acteur amazigh et ex-président du Réseau amazigh pour la citoyenneté (Azetta), la reconnaissance royale du nouvel An amazigh comme jour férié et payé au Maroc est une initiative historique et symbolique. « Cette reconnaissanc aura certainement des retombées bénéfiques sur la mise en œuvre de l’amazighe sachant que Sa Majesté était derrière les grandes initiatives visant la promotion de cette composante importante de l’identité nationale.», a-t-il révélé.
En outre, cette décision royale interroge le gouvernement sur les reculs qu’a connu l’amazighe dans les différents domaines: l’enseignement, l’administration et la vie publique, entre autres. Il a appelé à la mise en œuvre du programme du caractère officiel de l’amazighe stipulé dans la loi organique. D’après lui, l’amazighe devrait être une priorité bien définie dans le plan gouvernemental sachant qu’il y a des chantiers transversaux concernant cette question.
Dr Mohamed Handaine : président du comité de coordination des peuples autochtone d’Afrique

Le fait que Sa Majesté le Roi Mohamed VI décrète l’Amazighité, en tant que fête nationale rémunérée, pareil aux autres jours fériés, est une décision historique, juste et circonspecte. Historique, car c’est une fête liée à la terre de profonde historicité qui remonte à de milliers d’années et reliant les marocains à leur Histoire et leur Racine originale. Elle leur rappelle aussi l’Histoire violente demeurée inconnue durant des siècles. Juste, parce qu’elle évoque l’évolution de la mentalité marocaine ouverte sur la diversité. La reconnaissance de l’An Amazigh constitue une sage décision juste car elle met sur le même pied d’égalité entre l’ensemble des fêtes que célèbrent les marocains, comme les fêtes religieuses et nationales et enfin la fête de l’An Amazigh. Cette décision Royale s’érige en leçon pédagogique en direction des marocains pour faire ancrer la mentalité de la diversité, de l’ouverture et de la tolérance. De même, elle répond l’une des revendications justes du mouvement Amazigh. Sage, car le communiqué du cabinet Royal s’est attelé à ce que la décision soit une fête nationale de tous les marocains et se hisse en toute harmonie avec les fêtes des marocains lors de l’An Amazigh dans toutes les régions du territoire. Tout en saluant cette décision Royale, nous tenons à féliciter le peuple marocain et le mouvement Amazigh qui a fait montre d’un patriotisme authentique et appelle à la fortification de l’identité marocaine afin de recouvrer la force historique du Maroc.
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Auteur: M’hammed rahal
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