LE TEMPS – Mohamed Sahbi RAMMAH

Au bas du Certificat Médical Prénuptial (CPN) que les futurs conjoints se doivent impérativement présenter à qui de droit pour finaliser leur contrat de mariage, un texte de loi y figure en toute clarté:  » Toute personne, se sachant atteinte d’une maladie transmissible et qui par son comportement concourt délibérément à sa transmission à d’autres personnes, est passible d’un emprisonnement de un à 3 ans ( Loi n° 92-71 du 27 Juillet 1992 relative aux maladies transmissibles : Articles 11 et 18). Net clair et précis !

On constate, hélas, qu’une majorité de nos concitoyens rechignent à déclarer leur maladie au « Covid 19 », redoutant les réactions négatives de leurs voisins à leur endroit. Attitude des plus périlleuses et pour les premiers concernés et pour tous ceux qui risquent de les côtoyer. Faudrait-il légiférer comme pour les (CPN) pour contraindre ces sujets à déclarer leur atteinte s’agissant d’une maladie transmissible et hautement dangereuse ?

Ils ne sont pas des pestiférés

Malheureusement, l’attitude de nos pairs à l’endroit de ceux qui sont atteints par ce nouveau fléau « Covid 19 » est des plus néfastes pour ne pas la qualifier de discriminatoire. Une ambulance du SAMU s’amène devant un domicile, et tous les voisins de mettre tous les occupants de la maisonnée en quarantaine et ce quelle que soit la raison du transfert du malade à l’hôpital (fracture du col du fémur, accident vasculaire cérébral, angine de poitrine etc.)

Devant cet état de fait, recours aux malades réellement atteints du « Covid-19 » ainsi que leurs proches parents au déni de la pathologie avec un mutisme et un blackout complets. Le sujet malade et les siens de peur d’être mis à l’index et d’être fuis par tout un chacun continuent à vaquer « normalement » à leurs besoins, à aller au travail, à se mêler avec autrui sans la moindre réserve et autres précautions histoire de ne pas éveiller les soupçons. Une toux, des éternuements, de la fièvre, des yeux larmoyants, ce n’est rien s’écrient-ils, c’est juste un petit et non moins banal refroidissement contracté la veille suite à une exposition prolongé au climatiseur…

Rassurons ces malades !

Un médecin nous rapportant cette tragicomique affirmation véridique d’une mère sachant que sa fille de 22 ans est malade (PCR positive à l’appui) et refusant de se conformer à l’isolement voire à se présenter en personne chez son médecin traitant se contentant d’envoyer sa maman chez lui avec son attestation de positivité en quête d’un traitement en ambulatoire chez elle et sur son lieu de travail qu’elle n’a pas quitté ! Comme raison avancée par la mère du refus de sa fille de déclarer sa maladie à son employeur : Je ne veux pas qu’elle devienne une vieille fille sans mari si d’aventure la nouvelle de sa maladie venait à être ébruitée et connue dans le quartier et dans sa société ! Sans commentaire.  

Les médias doivent rassurer la population et l’inciter à consulter au moindre symptôme évoquant cette pathologie. En parallèle, l’informer que la prise rapidement en charge de cette affection allège dans une grande mesure la portée de ses répercussions négatives. Une maladie qui n’est pas de la terrible nocivité que l’on croit et que les professionnels de la santé sont en mesure de juguler efficacement cette affaire pour peu que la prise en charge soit rapide.

 

M.S.R.

Auteur: letemps1
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