Une analyse comparée du système productif et sa dynamique entre 2009 et 2016, réalisée par l’Institut national de la statistique (INS), fait ressortir que la région de l’Est, en particulier, a gagné en attractivité avec le bitumage de l’axe Yaoundé-Bertoua, réalisé dans la période sous-revue. Par ailleurs, « la construction du barrage de retenue d’eau de Lom Pangar a également eu lieu. Ces éléments pourraient justifier le dynamisme relevé dans cette région en matière d’implantation des unités de production », indique l’étude. Au regard des effets de la spécialisation économique et des spécificités locales sur le développement entrepreneurial, l’INS identifie quatre catégories de régions. La première est composée des régions du Centre (hors Yaoundé), de l’Est, du Sud et de l’Extrême-Nord. Dans ces régions, les spécificités locales ont eu un effet positif sur la croissance du tissu des entreprises mais qui a été atténué par leur spécialisation économique, laquelle est favorable à l’accroissement des entreprises.
Toujours dans cette première catégorie, le Sud enregistre également plusieurs chantiers d’infrastructures, notamment la construction du complexe industrialo-portuaire de Kribi, l’Université inter-Etats Cameroun-Congo, la route de Djoum-Mintom-Ouesso à la frontière avec le Congo. Pour le Centre (hors Yaoundé), « la proximité de certains de ses arrondissements avec la capitale Yaoundé explique cette relative attractivité. En effet, toute la périphérie de Yaoundé se trouve dans d’autres départements autres que le Mfoundi. On peut citer par exemple les localités de Nomayos, (à Mbankomo), Mfou, Nkoabang, Soa, Zamagoe, Nsimalen, dans lesquelles la population humaine et l’implantation des entreprises se sont développés de façon remarquable ces dernières années », souligne l’étude.
Dans la catégorie 2, l’on retrouve les régions du Littoral (hors Douala), de l’Adamaoua et du Nord. « Ces régions non seulement bénéficient de leur spécificité géographique, mais en plus, leur structure économique a su tirer profit de la dynamique observée au niveau national. Le Littoral (hors Douala) profiterait de sa proximité avec la métropole Douala qui est un grand pôle économique. La localité de la Dibamba en est une illustration », poursuit-elle. La catégorie 3 concerne Douala et Yaoundé, les deux grandes métropoles du pays. A elles seules, ces deux villes abritent respectivement 59% et 57% des établissements en 2009 et 2016. La relative baisse d’attractivité entrepreneuriale de ces deux villes traduirait un effet d’essoufflement après qu’elles aient été longtemps les principales destinations d’implantation des entreprises.
La catégorie 4 comprend les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. « La dynamique de création d’entreprises de ces régions est moins rapide que la moyenne nationale, car leur spécialisation économique, bien que favorable à l’entrepreneuriat, a été insuffisante par rapport aux contraintes de leur terroir », estime le bras séculier de l’Etat en matière de statistiques. En clair, la part du « Grand ouest » dans la population des entreprises a baissé, au profit de celles des régions du « Grand nord » et de l’Est dans une certaine mesure.
Auteur: Francky wilfried Onana
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