«Il est urgent que l’accréditation endosse son uniforme d’obligation». Prononcés par le directeur général d’Algerac, ces mots, formulés sous forme de cri de cœur, voient leur coefficient se multiplier. Dans un franc-parler qui lui est coutumier, Noureddine Boudissa appelle à la «création d’une agence nationale chargée de la qualité, laquelle aura un caractère autonome, souverain, qui lui permettra d’imposer à tous les acteurs une ligne de conduite». Outre les moyens nécessaires, explique notre vis-à-vis avec force arguments, «il est primordial que cette entité dispose de prérogatives lui permettant d’avoir un droit de regard sur tout ce qui se fait dans le domaine». Une entité qui aura un «intérêt stratégique» pour le développement économique et, par ricochet, commercial du pays. Ce «plan Marshall», que M. Boudissa préconise, devra «repenser», pour reprendre ses termes, l’infrastructure qualité algérienne et permettre à l’économie nationale de se mettre aux standards internationaux. Dans cette optique, Algerac, soutient son premier responsable, apportera sa contribution et son capital expérience afin d’aider tous les laboratoires publics et privés à s’inscrire dans cette inéluctable démarche d’accréditation. D’autre part, M. Boudissa explique que repenser l’infrastructure qualité ne signifie pas «freiner», mais «contrôler toutes les opérations d’importation afin d’apporter les assurances nécessaires au consommateur». Enchaînant, il précise que l’infrastructure qualité «jouera son rôle de régulateur». Pour ce faire, s’imposent, aux yeux de notre interlocuteur, un «toilettage» et «une mise à niveau de la réglementation en l’adaptant aux nouveaux défis». Une démarche qui nécessitera également d’associer les opérateurs économiques, les associations professionnelles et celles chargées de la protection du consommateur. Et d’ajouter : «Que les étrangers aient confiance en le produit algérien. Ce dernier doit subir des tests avant de l’envoyer à l’exportation, et cela évitera pas mal de choses, dont le renvoi de nos produits par d’autres pays.» Le développement de la qualité, poursuit M. Boudissa, «doit rayonner sur toutes les activités porteuses et potentiellement exportables», citant, à titre illustratif, les produits agricoles, manufacturiers, électroniques ainsi que ceux de la pièce de rechange, entre autres… Bifurquant sur les activités d’Algerac qui, rappelons-le, a obtenu la reconnaissance internationale de ses certificats et logos à compter d’octobre 2017, M. Boudissa annonce que l’organisme qu’il dirige est déjà sollicité par des pays comme le Maroc, la Mauritanie, le Burkina Faso. «Une avancée significative», commente, allègre, le même responsable, qui veut aussi une autonomie en termes de formation de la ressource humaine. Algerac, qui assure elle-même la formation, dispose de 180 experts et évaluateurs. Ayant banni l’impossible de son vocabulaire, M. Boudissa affirme que l’objectif est d’atteindre les 700. Une chose est sûre : Algerac a cumulé des prouesses, mais ne veut pas s’arrêter en si bon chemin. Pour son premier responsable, l’appétit vient en travaillant. Et le travail, dit-il, doit impérativement rimer avec efficacité.
Fouad Irnatene
Auteur: elmoudjahid
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