Les entreprises publiques bénéficient d’un accès privilégié au crédit bancaire au Cameroun. Selon les données du marché bancaire consultées par EcoMatin, l’encours de crédit à cette catégorie d’agents économiques a augmenté de 36,3% au 30 juin 2021. Par contre, les entreprises privées n’ont pas eu droit aux mêmes faveurs ; leur part de crédits ayant diminué de 1,3% en glissement annuel. C’est presqu’une lapalissade même si le secteur privé a joué sa participation dans le relèvement de l’encours des dépôts au cours de la période sous revue. En glissement annuel, les dépôts du secteur  bancaire ont progressé de 13,1% pour s’établir à 5 822 milliards tirés par les dépôts des entreprises publiques (+7,2%) , les entreprises privées(24,5%) et les particuliers(+7,1%).

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La préférence pour les entreprises relevant du portefeuille de l’Etat tient davantage de la garanti que ce dernier accorde en cas de non remboursement. Dans le cadre de la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2022, le Président de la République a réitéré par Circulaire N°001 du 30 août 2021, la nécessité de poursuivre l’intégration de la dette des Entreprises et Etablissements publics, ainsi que celle des autres démembrements de l’Etat dans le Champ de la dette publique. Même si depuis un peu plus de 5 ans, l’État du Cameroun n’a plus avalisé la moindre dette pour les entreprises publiques et à capitaux mixtes. Cette décision a permis, selon les données de la Caisse autonome d’amortissement(CAA), de faire passer l’encours de la dette avalisée des entreprises de 86,8 milliards de FCFA au 31 décembre 2015, à seulement 25,4 milliards de FCFA à fin septembre

Créances en souffrance

Pour la banque, l’Etat à travers son entité est un gage sérieux tandis qu’au niveau des entreprises et en particulier des PME la question de garantie reste de mise. Résultat des courses, les coûts de crédits s’envolent (TEG 12,8% pour les PME) et le financement de la production stagne. Accentuer des crédits sur des entités non crédible entrainerait pour la banque une dégradation de son portefeuille car il ne suffit pas de prêter à la pelle encore faudrait-il assainir son portefeuille de crédits, ce d’autant plus que le ratio mondial imposable aux banques est de disposer de créances brutes en souffrance inférieures à 6% du total du portefeuille. Selon les données du marché bancaire, le volume de créances brutes en souffrance au 30 juin est évalué à 662 milliards de FCFA, soit 16,8% de l’encours de crédits.

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Dans le top 5 des banques les plus prêteuses, la CBC se distingue comme la plus disciplinée : la part des créances brutes en souffrance dans son portefeuille de crédit est passé de 5,89% en décembre 2020 à 6,30% en juillet 2021. Suit Afriland First Bank dont le pourcentage des créances brutes en souffrances est passé de 12,20% à 12,86%. L’évolution des trois suivantes est également stable : Société générale Cameroun (de 13,12% à 14,15%), SCB (18,82% à 19,12%) et BICEC (de 38,80% à 39,47%). NFC Bank et UBC, deux banques qui ont récemment connu la sollicitude de l’Etat totalisent respectivement 39,64% et 89,45% de créances compromises.

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Auteur: Cedrick JIONGO
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